Record pour Uderzo à Liège : la couverture d'Astérix s'envole à 1,2 million d'euros

Le marché de l'art belge a connu une rentrée spectaculaire en septembre avec la vente aux enchères de la couverture originale d'« Astérix chez les Bretons » pour 1,2 million d'euros, illustrant le retour en force des valeurs sûres sur un marché mondial en reprise prudente.

Marc Delcourt

3 min de lecture

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Le marché de l'art mondial affiche des signes de reprise après deux années difficiles

Le marché de l'art mondial affiche des signes de reprise après deux années difficiles. Les ventes ont progressé de 4 % en 2025 pour atteindre 59,6 milliards de dollars, tandis que les enchères publiques ont bondi de 9 % à 20,7 milliards de dollars. Malgré cette croissance, le secteur reste en deçà de son sommet de 2022, estimé à 67,8 milliards de dollars, reflétant une dynamique encore hésitante.

Cette reprise s'accompagne d'un changement notable dans les comportements d'achat. Selon Art Basel, les collectionneurs délaissent l'ultracontemporain au profit d'artistes établis, de l'art moderne et des maîtres anciens. Les chiffres confirment cette tendance : les ventes chez les marchands de maîtres anciens ont progressé de 9 %, tandis que le secteur moderne a enregistré une hausse de 11 %. À l'inverse, les ventes d'art contemporain chez les marchands sont restées stagnantes.

Les salles d'enchères témoignent également de ce virage. Les ventes d'œuvres impressionnistes et post-impressionnistes ont explosé de 47 % sur un an, tandis que le marché des maîtres anciens s'est élargi de 30 % pour atteindre près de 1,2 milliard de dollars. Parallèlement, les ventes en ligne reculent au profit d'un retour en salle : les foires d'art ont gagné 4 % et représentent désormais 35 % du chiffre d'affaires des marchands, leur niveau le plus élevé depuis 2022.

Les collectionneurs fortunés intensifient leur engagement dans l'art : ils y consacrent en moyenne 20 % de leur patrimoine en 2025, contre 15 % l'année précédente, selon l'enquête Art Basel et UBS. Mais leur argent se dirige vers des valeurs sûres : signature reconnue, provenance solide et œuvre immédiatement identifiable.

Un record mondial à Liège

Les résultats belges de septembre illustrent parfaitement cette quête de garanties. Le 13 septembre 2026, lors de la 81e vente de BD Enchères au Palais des Congrès de Liège, spécialisée dans les planches originales de bande dessinée, la couverture originale d'« Astérix chez les Bretons » a pulvérisé tous les records.

Cette gouache sur carton de 34 x 47 cm, créée en 1965 par Albert Uderzo, avait été offerte avec une dédicace manuscrite de Goscinny et Uderzo à leur éditeur Georges Dargaud. Estimée entre 150 000 et 200 000 euros, l'œuvre s'est finalement vendue pour 1,2 million d'euros, soit huit fois l'estimation basse. Avec les frais inclus, le prix atteint 1,474 million d'euros.

Cette vente établit un nouveau record mondial pour Uderzo, surpassant le précédent sommet de 1,4 million d'euros atteint en 2017 pour la couverture du « Tour de Gaule ». Elle démontre la valeur croissante accordée aux œuvres à la provenance exceptionnelle et à l'histoire documentée.

Au-delà de cet irréductible gaulois, le top 5 des ventes belges de septembre reflète la diversité recherchée par les acheteurs : de l'avant-garde italienne avec Fontana aux artistes belges comme Spilliaert ou Folon. Mais c'est bien à Liège que septembre a marqué les esprits, confirmant que dans un marché en quête de certitudes, les icônes culturelles et les provenances prestigieuses restent les valeurs refuges par excellence.

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