Reza Pahlavi ne recevra pas d'invitation officielle de la Chambre belge

Les groupes politiques ne se sont pas accordés sur un accueil officiel du fils du dernier shah d'Iran au parlement. Le MR maintient néanmoins une rencontre privée prévue le 5 novembre 2026, avant une conférence à l'École Royale Militaire le lendemain.

Camille Wouters

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Le MR maintient son projet de rencontre privée

L'absence de consensus à la Chambre ne met pas fin au projet du groupe MR de recevoir Reza Pahlavi. Le groupe estime que rien n'empêche un accueil à titre privé et confirme que son invitation reste d'actualité.

Selon la RTBF et Belga, la rencontre est prévue le 5 novembre au parlement fédéral. Ce rendez-vous informel serait réservé aux députés MR. Une autre séance pourrait réunir un public plus large, comprenant des victimes du régime iranien. Le parti a également fait savoir lundi qu'il souhaitait recevoir d'autres opposants au régime, par "souci de pluralité".

Cette initiative fait suite à un entretien à Paris, fin juillet, entre Georges-Louis Bouchez, président du MR, et Reza Pahlavi. À l'issue de cette rencontre, Georges-Louis Bouchez avait souhaité l'inviter à Bruxelles.

Les réserves de la diplomatie belge

Saisie du projet une semaine auparavant, la conférence des présidents de la Chambre, composée du président de l'assemblée et des chefs de groupe, avait demandé l'avis des Affaires étrangères. Un courrier signé par le ministre Maxime Prévot a apporté leur réponse mardi.

D'après Le Soir, cet avis a été rendu le 16 octobre et adressé à Peter De Roover (N-VA), président de la Chambre. Sans s'opposer à la venue de Reza Pahlavi, la diplomatie belge formule plusieurs réserves.

Maxime Prévot souligne notamment qu'une opposition iranienne "particulièrement diversifiée" ne saurait avoir Reza Pahlavi pour unique représentant. Il recommande de donner aussi la parole à d'autres courants et rappelle que la Belgique ne privilégie aucun groupe ni aucune personnalité. Son courrier attire également l'attention sur les risques de sécurité liés à la visite.

En exil, Reza Pahlavi représente le courant monarchiste de cette opposition fragmentée. Sa visibilité s'est accrue à plusieurs reprises ces derniers mois, notamment à l'occasion de l'intervention américano-israélienne contre la République islamique. Il suscite toutefois des contestations parmi les opposants, liées aussi bien au règne de son père, renversé par la révolution de 1979, qu'à son soutien à une intervention étrangère en Iran.

Des associations saluent l'absence d'invitation officielle

Plusieurs organisations iraniennes avaient contesté le projet de visite ces derniers jours. Des représentants des milieux universitaires, associatifs, politiques et juridiques, réunis autour de l'ancien sénateur Pierre Galand (PS), avaient eux aussi demandé au parlement de ne pas inviter Reza Pahlavi.

Mercredi, six associations irano-belges ont accueilli favorablement l'absence d'invitation officielle. Dans leur communiqué, elles parlent d'une décision "responsable et de principe". À leurs yeux, elle respecte la diversité iranienne et évite de conférer une légitimité parlementaire à un homme qui ne détient aucun mandat démocratique et ne représente pas le peuple iranien.

La conférence du 6 novembre également contestée

Un autre rendez-vous reste prévu à Bruxelles : Theo Francken (N-VA), ministre de la Défense, a invité Reza Pahlavi à intervenir le 6 novembre 2026 à l'École Royale Militaire. La conférence sera consacrée au Moyen-Orient, rapporte Iran International. Selon le ministre, elle doit apporter à l'université militaire de la Défense belge un éclairage sur les complexités géopolitiques de la région.

Le député Staf Aerts, au nom d'Ecolo-Groen, demande à Theo Francken de suivre la position adoptée par la Chambre. Les associations irano-belges opposées à l'accueil officiel réclament également l'annulation de cette conférence.

Elles défendent le droit des Iraniens à décider seuls de leur avenir : "Lors des manifestations de ces dernières années, le peuple iranien a exprimé à maintes reprises son rejet tant de la théocratie au pouvoir que de tout retour à la dictature du Shah. Son avenir doit être déterminé par lui-même, à travers des élections libres, sans ingérence étrangère".

BelgiqueEcolo & GroenMR
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