Les Belges estiment qu'il faut 6.000 euros nets par mois pour être heureux financièrement

Une étude d'Easyvest révèle que le revenu mensuel net jugé nécessaire au bonheur financier atteint 6.000 euros en Belgique, en hausse de 500 euros par rapport à 2024. Le patrimoine idéal reste fixé à un million d'euros.

Élise Fontaine

4 min de lecture

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Les Belges estiment qu'il faut 6.000 euros nets par mois pour être heureux financièrement

Les Belges placent la barre de plus en plus haut pour se sentir à l'abri financièrement. Selon une étude menée en juin 2026 par Easyvest, gestionnaire de patrimoine numérique spécialisé en ETF, le seuil médian du revenu mensuel net jugé suffisant pour atteindre le bonheur financier s'établit désormais à 6.000 euros. Ce montant représente une augmentation de 500 euros par rapport à la première édition de l'enquête réalisée en 2024.

Cette somme varie toutefois selon la composition du ménage. Un couple sans enfant estime avoir besoin de 5.000 euros nets mensuels, tandis qu'une famille avec deux enfants à charge porte ce seuil à 7.000 euros. Ces chiffres révèlent un décalage important avec la réalité du marché du travail belge : le salaire médian brut s'élève à 3.728 euros selon les statistiques officielles, ce qui signifie que la moitié des travailleurs belges gagnent moins que ce montant. Après déduction des cotisations sociales et des impôts progressifs, le salaire net moyen se situe entre 2.470 et 2.700 euros par mois, soit moins de la moitié du revenu considéré comme nécessaire au bonheur financier.

Un patrimoine d'un million d'euros comme idéal de sécurité

Concernant le patrimoine total, les Belges fixent le seuil du « capital-bonheur » à un million d'euros, un montant identique à celui observé lors de la précédente édition de l'étude. Ce patrimoine représente le niveau à partir duquel les personnes interrogées se sentiraient véritablement à l'abri financièrement. L'enquête révèle néanmoins des différences notables entre les genres : les femmes estiment ce seuil à 750.000 euros, contre un million pour les hommes.

Easyvest, fondé en 2016 par Matthieu Remy et Corentin Scavée, est le premier robot-conseiller belge agréé par la FSMA. La société gère actuellement plus de 185 millions d'euros d'actifs pour environ 3.000 clients. Ces chiffres s'inscrivent dans un contexte où environ 70,9% des Belges sont propriétaires de leur logement selon les données Eurostat de 2025, bien que ce taux soit en baisse par rapport au pic de 73,7% enregistré en 2006. Par ailleurs, 18% des ménages belges possèdent une résidence secondaire d'une valeur médiane de 296.000 euros.

Les 30-49 ans, génération la plus stressée par l'argent

L'étude, menée auprès de 1.000 Belges, identifie la tranche d'âge des 30-49 ans comme la plus affectée par le stress financier. Pour 24,1% d'entre eux, l'argent constitue la première source de préoccupation, contre 22,5% chez les 18-29 ans et 17% pour les 50-59 ans. Cette génération se distingue également par son engagement accru dans la préparation de la retraite : 46,2% des 30-49 ans investissent spécifiquement pour assurer leur pension, comparé à 33,6% pour les autres tranches d'âge.

Cette inquiétude s'explique notamment par l'évolution de l'âge légal de la retraite en Belgique, actuellement fixé à 66 ans et qui passera à 67 ans en 2030. En réalité, l'âge moyen de départ effectif à la retraite se situe autour de 62 ans, créant une tension entre les attentes des travailleurs et les réformes en cours. La perspective de devoir travailler plus longtemps figure d'ailleurs parmi les préoccupations financières citées par 7,9% des répondants.

Géopolitique et inflation en tête des préoccupations

La géopolitique domine largement le palmarès des inquiétudes financières des Belges, avec 30,8% des mentions. Ce facteur devance nettement l'inflation, citée par 17,7% des sondés, malgré la récente poussée inflationniste qui a atteint 4,69% en septembre 2026, son niveau le plus élevé depuis mai 2023. Cette hausse, principalement causée par l'escalade des coûts énergétiques, maintient l'inflation au cœur des préoccupations quotidiennes, même si l'inflation sous-jacente reste stable autour de 3%.

Le niveau de revenu arrive en troisième position des sources d'inquiétude avec 15,6% des mentions, suivi par le coût du logement (5,2%) et les enjeux climatiques (4,7%). Ces résultats reflètent les tensions actuelles sur le pouvoir d'achat et l'accès au logement, particulièrement marquées chez les ménages à faibles revenus. Les données montrent en effet que la propriété immobilière parmi les foyers gagnant moins de 60% du revenu médian a chuté de 56,4% en 2003 à 34,7% en 2016, faisant de la Belgique l'un des pays de l'Union européenne où l'inégalité en matière de logement a le plus progressé durant cette période.

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