Une trentaine de gilets jaunes sur le rond-point de l'Europe à Laon
Sept ans après le début du mouvement, les gilets jaunes sont revenus sur les ronds-points français ce samedi 17 octobre. À Laon, préfecture de l'Aisne comptant environ 24 000 habitants, une trentaine de manifestants ont pris position sur le rond-point de l'Europe dans le cadre d'une mobilisation nationale contre la hausse du coût de la vie.
La manifestation s'est déroulée de manière pacifique, les protestataires n'entravant pas la circulation des véhicules. Ils espéraient voir leurs rangs grossir dans le courant de l'après-midi.
Ce rassemblement s'inscrit dans un mouvement de contestation beaucoup plus large qui touche l'ensemble du territoire français. Selon les autorités, entre 50 000 et 100 000 manifestants étaient attendus à travers le pays, dont 20 000 à 40 000 dans la capitale. Le ministère de l'Intérieur a recensé environ 500 actions prévues sur le territoire, avec une nonantaine de manifestations officiellement déclarées, tandis que les organisateurs du mouvement évoquaient près de 1 000 actions.
Un mouvement né en 2018 autour de la fiscalité
Le mouvement des gilets jaunes avait émergé le 17 novembre 2018, lorsque plus de 250 000 personnes avaient manifesté partout en France, vêtues des gilets de sécurité jaune fluorescents que la loi française impose à tout automobiliste de conserver dans son véhicule. La protestation initiale visait une hausse des taxes sur les carburants annoncée par le gouvernement.
Ce premier soulèvement avait contraint l'exécutif à reculer, obtenant l'annulation de l'augmentation de la taxe sur les carburants et l'octroi de milliards d'euros d'allègements fiscaux, ainsi qu'une hausse du salaire minimum.
Une coalition élargie en 2026
La mobilisation du 17 octobre 2026 dépasse le seul cadre des gilets jaunes. Elle réunit une coalition diversifiée comprenant des lycéens, des étudiants, des syndicats, des agriculteurs et des chauffeurs de taxi, tous unis contre la cherté de la vie. Des syndicats étudiants ont lancé l'appel à manifester, rejoints par cinq grands syndicats d'enseignants qui ont annoncé une grève de solidarité.
Cette convergence fait suite à plusieurs jours de protestations dans des centaines d'établissements scolaires français, où élèves et enseignants dénonçaient les mauvaises conditions d'enseignement, la précarité et les coupes dans les services publics.
Le mouvement des gilets jaunes conserve sa nature décentralisée et spontanée, sans structure de direction formelle ni affiliation à des partis politiques ou syndicats. Toutefois, certaines formations politiques comme le Parti communiste et La France Insoumise ont exprimé leur soutien aux manifestations d'octobre 2026.
À Laon comme ailleurs en France, la colère sociale qui avait embrasé le pays à la fin de 2018 semble toujours bien présente, portée par des revendications centrées sur le pouvoir d'achat et les difficultés économiques du quotidien.






