Manifestation à Laon : 110 personnes mobilisées contre les suppressions de postes dans l'Éducation nationale

Enseignants, syndicats et lycéens se sont rassemblés le 13 octobre 2026 devant le lycée Paul-Claudel à Laon dans le cadre d'une grève nationale de l'éducation. Ils dénoncent les coupes budgétaires et réclament des moyens pour l'école publique.

Karim Bensaïd

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« Si on ne se mobilise pas, rien ne changera » : l'intersyndicale de l'Éducation dans la rue à Laon

Environ 110 manifestants se sont rassemblés mardi 13 octobre 2026 devant le lycée Paul-Claudel de Laon, répondant à l'appel de l'intersyndicale locale regroupant la FSU, la CFDT, l'UNSA, FO et la CGT. Cette mobilisation s'inscrit dans une grève nationale de l'éducation qui a touché l'ensemble du territoire français, concernant les écoles, collèges, lycées et établissements d'enseignement supérieur.

Le mouvement fait suite à plusieurs journées d'action menées début octobre. Les 6 et 8 octobre, des centaines d'établissements avaient déjà été perturbés à travers le pays. Selon le ministère de l'Éducation nationale, 413 lycées avaient été touchés le lundi 6 octobre.

Le rassemblement laonnois a débuté à 10 heures devant le lycée Paul-Claudel, établissement public d'enseignement général et technologique qui accueille environ 1 252 élèves et propose notamment des sections européennes, cinéma, théâtre et arts. Les lycéens n'ont pu rejoindre le cortège qu'à partir de 10h15, lors de la sonnerie de la récréation, l'administration leur ayant refusé l'autorisation de quitter les cours en cours.

La direction de l'établissement a expliqué ne pas avoir été informée à temps de la manifestation, bien que celle-ci ait été déclarée en préfecture. Une trentaine de lycéens ont finalement pu se joindre au mouvement.

« Si on ne se mobilise pas, rien ne changera »
, a déclaré Lina, une élève présente.

Marche vers le lycée professionnel Julie-Daubié

Vers 10h40, le cortège s'est dirigé vers le lycée professionnel Julie-Daubié, établissement de formation professionnelle situé place Robert Aumont qui accueille entre 461 et 581 élèves. Cet établissement, nommé en hommage à Julie-Victoire Daubié (1824-1874), première femme à obtenir le baccalauréat en France en 1861 et à décrocher une licence universitaire à Lyon en 1871, propose des formations professionnelles du CAP au post-baccalauréat et dispose d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS).

Sur place, manifestants et lycéens ont entonné des chants militants, dont une version adaptée de « Bella ciao » :

« On est là là là là, et sans des réponses, sois certain, on ne lâchera pas. »

Des revendications précises

Les protestataires portent les revendications du mouvement national :

  • annulation des suppressions de postes inscrites au budget 2027
  • réduction des effectifs par classe
  • mise en place d'un plan d'investissement immobilier de 5 milliards d'euros par an pendant 10 ans
  • suppression du système Parcoursup d'admission dans l'enseignement supérieur

Ces demandes s'appuient sur des données concrètes. Selon des documents transmis aux syndicats lors d'une réunion du 26 janvier 2026, l'éducation publique devait subir 2 229 suppressions de postes dans le primaire et plus de 1 800 dans le secondaire pour l'année scolaire 2026. Les organisations syndicales ont par ailleurs appelé leurs membres à soutenir et protéger les élèves mobilisés, et à ouvrir des espaces pour les manifestations et les réunions.

Une réunion critiquée pour son manque d'ouverture

Les enseignants mobilisés ont appris tardivement qu'une réunion était prévue à midi entre la direction du lycée, la préfète de l'Aisne Isabelle Épaillard, le vice-président de la Région Hauts-de-France en charge de l'éducation et des lycées Laurent Rigaud, et le directeur académique des services de l'éducation nationale Alain Aubert. Seuls des élèves élus au conseil de la vie lycéenne (CVL) devaient y participer.

« Aucun membre du conseil d'administration n'y est convié. Ni les professeurs, ni les parents d'élèves. En fait, on n'a rien, aucune écoute »
, a déploré Anne-Aubance Sébertune, enseignante et représentante syndicale FSU.

Isabelle Épaillard, qui a pris ses fonctions de préfète de l'Aisne le 31 août 2026 en remplacement de Fanny Anor, occupait auparavant le poste de préfète déléguée pour l'égalité des chances dans les Bouches-du-Rhône. Laurent Rigaud exerce quant à lui la vice-présidence en charge de l'éducation et des lycées depuis le 23 novembre 2023, succédant à Manoëlle Martin dans cette fonction.

Du côté des lycéens, le temps de parole promis était limité.

« Nous aurons une quinzaine de minutes »
, a indiqué Augustin, élu au CVL.
« Nous n'avons même pas élu les nouveaux membres du CVL. Les élections auront lieu jeudi »
, a ajouté Victoire.

En fin de matinée, les manifestants sont revenus devant le lycée Paul-Claudel pour attendre l'arrivée de la préfète. Celle-ci ne s'est pas présentée à leur rencontre avant la réunion.

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