Restructuration chez GSK : un marché de l'emploi morose attend les cadres licenciés
La suppression annoncée de jusqu'à 1.217 emplois chez GSK en Belgique s'inscrit dans un contexte économique particulièrement difficile, marqué par une croissance en berne et une inflation repartie à la hausse. Les chiffres publiés début octobre par l'Office national de sécurité sociale (ONSS) reflètent cette morosité du marché du travail.
L'annonce du groupe pharmaceutique britannique, faite le 14 octobre, s'inscrit dans un plan de restructuration mondial sur trois ans visant à économiser 1,9 milliard de livres sterling (2,50 milliards de dollars). Ce programme, lancé en juillet 2026 par le PDG Luke Miels, touche particulièrement la Belgique, qui abrite le siège mondial de la division vaccins du groupe. Les trois sites belges de Wavre, Rixensart et Gembloux constituent le plus grand réseau mondial de production industrielle de vaccins.
Les suppressions de postes concernent 482 employés administratifs et 735 cadres dans les secteurs de la recherche et développement, de la production et des services de soutien international. Les travailleurs des chaînes de production ne sont pas touchés. Sur les quelque 8.500 employés que compte GSK en Belgique, ces licenciements représentent environ 14% de l'effectif total.
Cette restructuration n'est pas la première pour GSK Belgique. L'entreprise avait déjà réduit ses effectifs de plus de 400 postes en 2025, principalement par le non-renouvellement de contrats temporaires et des départs volontaires. La stratégie actuelle vise à faire face à l'expiration prochaine du brevet de son médicament phare contre le VIH, le dolutégravir, et à concentrer les ressources sur des projets prioritaires comme le vaccin contre la grippe à ARN messager.
Un marché de l'emploi en recul
Au deuxième trimestre 2026, l'emploi intérieur a reculé par rapport à la même période de 2025. La Belgique comptait 4,119 millions de travailleurs en juin dernier, contre près de 4,128 millions un an auparavant. Avec 4,286 millions de postes de travail, le pays a perdu près de 2.000 unités. Le volume en équivalents temps plein a également diminué, passant à 3,450 millions d'ETP, soit un recul de 4.300 unités.
Cette dégradation de l'emploi s'accompagne d'une stagnation économique préoccupante. Le produit intérieur brut belge n'a enregistré aucune croissance au deuxième trimestre 2026, après une expansion de 0,2% au premier trimestre. Il s'agit de la performance trimestrielle la plus faible depuis le premier trimestre 2021.
L'analyse sectorielle révèle des disparités importantes. L'activité industrielle a reculé de 0,8% au deuxième trimestre par rapport au premier, tandis que la construction s'est contractée de 0,5%. Seul le secteur des services a enregistré une expansion modeste de 0,2%.
Inflation et chômage en hausse
La Banque nationale de Belgique a projeté en juin 2026 que l'inflation globale atteindrait en moyenne 3,4% pour l'année, principalement en raison de la hausse des prix du pétrole liée au conflit en Iran. Les prévisions indiquent toutefois un retour progressif à 2% d'ici 2028.
Le taux de chômage s'est établi à 6,2% en juillet 2026, en hausse par rapport à 6,0% en juin. Bien que ce niveau reste relativement bas comparé à la moyenne historique du pays de 7,86%, la tendance à la hausse témoigne de la fragilisation du marché de l'emploi.
Pour les cadres qui seront licenciés chez GSK, les perspectives de retrouver rapidement un poste équivalent apparaissent limitées dans ce contexte économique dégradé. Le secteur pharmaceutique, traditionnellement dynamique en Belgique, subit lui aussi les contrecoups d'une conjoncture mondiale difficile.



