Bruxelles : avancée importante dans l'enquête sur l'assassinat d'une mère de famille
Mamady K., âgé de 26 ans, a été interpellé le 9 octobre et placé sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction de Bruxelles pour assassinat dans le cadre du meurtre d'une mère de deux enfants survenu le 6 octobre à Saint-Gilles. L'information a été confirmée par l'avocat du suspect.
La découverte du corps
Le corps de la victime avait été découvert tard dans la soirée du 6 octobre dans son appartement situé sur le parvis de Saint-Gilles, un quartier parmi les plus diversifiés de la capitale où les ressortissants étrangers représentent près de la moitié de la population. L'alerte avait été donnée par l'établissement scolaire des deux fillettes de la victime.
Ce mardi-là, contrairement à ses habitudes, la mère n'avait pas accompagné ses enfants à l'école. Les fillettes avaient été déposées par un homme. À la fin de la journée, personne n'étant venu les récupérer, la direction de l'école a contacté les forces de l'ordre. Les policiers ont localisé le domicile familial et ont fait la macabre découverte vers 23h30. La femme avait succombé à une mort violente.
L'arrestation et la procédure judiciaire
L'arrestation de Mamady K. est intervenue trois jours après les faits. Selon les informations recueillies, le suspect avait séjourné dans un centre d'accueil de la Croix-Rouge dans la région de Verviers, une des structures qui hébergent les demandeurs d'asile pendant le traitement de leur dossier.
Le mandat d'arrêt, délivré dans les 48 heures suivant la détention conformément à la procédure belge, implique que le suspect a été interrogé par le juge d'instruction sur les faits reprochés et sa situation personnelle. Jeudi dernier, la chambre du conseil, qui doit statuer dans les cinq jours suivant l'émission du mandat d'arrêt, a prolongé la détention préventive du suspect d'un mois supplémentaire.
Un contexte préoccupant de violence envers les femmes
Ce drame s'inscrit dans un contexte préoccupant de violence à l'égard des femmes en Belgique. Selon l'observatoire Stop Féminicide, 21 femmes avaient déjà été tuées dans le pays en octobre 2024, après 26 décès en 2023 et 24 en 2022. Ces chiffres révèlent une problématique persistante, d'autant que la Belgique a adopté en juin 2023 une loi historique reconnaissant juridiquement le féminicide et imposant la collecte de statistiques officielles sur ces crimes. Le pays rejoint ainsi Chypre et Malte comme seuls États européens dotés d'un tel cadre législatif.
Les données de l'observatoire montrent qu'environ 80% des féminicides commis en Belgique entre 2019 et 2023 l'ont été par un partenaire intime ou un ex-partenaire. En 2022, les forces de l'ordre belges ont enregistré près de 40 000 infractions liées à la violence conjugale et 14 homicides commis par des partenaires intimes.
L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes, chargé depuis la loi de 2023 de compiler ces données, publiera son premier rapport annuel officiel sur les féminicides en 2026, marquant une étape importante dans le suivi et la lutte contre ces violences de genre.






