Bruxelles : des commerces de la rue Neuve protègent leurs vitrines par crainte de violences

Plusieurs magasins de la rue Neuve ont posé des panneaux devant leurs vitrines à l'approche du week-end des 24 et 25 octobre. Des appels à manifester circulent sur TikTok, mais les autorités bruxelloises soulignent que les débordements redoutés ne sont pas une certitude.

Antoine Verstraeten

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Se protéger sans fermer

Les protections installées rue Neuve ne signifient pas que les commerces renoncent à accueillir leurs clients. Une enseigne l'indique directement sur les panneaux qui couvrent sa devanture : "Votre magasin est ouvert. Poussez les portes, l'équipe est impatiente de vous accueillir et de vous conseiller."

Kévin Kaeses, directeur général de Cash Converters Belgique, rapporte que la police locale a alerté l'entreprise et que plusieurs informations reçues font craindre un risque important d'émeutes. Il décrit un "phénomène de contagion" après les violences en France, à Milan et ailleurs. Selon lui, des personnes pourraient profiter des manifestations pour poursuivre ces violences.

Chez Nike, la précaution passe aussi par le recrutement d'un agent de sécurité supplémentaire. Le gérant de Footkorner, dont le magasin a également subi des vols lors d'une précédente mobilisation, envisage pour sa part de garder les panneaux devant ses vitrines plusieurs mois s'il le faut, rapporte The Brussels Times.

Des appels pour le 24 octobre, sans soutien officiel identifié

Au 21 octobre 2026, des messages diffusés sur TikTok invitaient à manifester à Bruxelles le samedi 24 octobre sous le nom d'"Acte II". Selon les informations de Bruzz relayées par Bruxelles Today, aucune organisation officielle ni personnalité connue n'avait alors publiquement apporté son soutien à cette mobilisation.

Le 20 octobre, Didier Wauters (Les Engagés), échevin du Commerce de la Ville de Bruxelles, avait exprimé son inquiétude devant ces appels. Il redoute de nouvelles dégradations et des pillages dans le centre, tout en demandant de ne pas confondre les manifestants pacifiques avec les auteurs de violences.

Le cabinet du bourgmestre Philippe Close (PS) rappelle toutefois que des appels comparables ont circulé à plusieurs reprises ces dernières semaines sans se concrétiser. Il précise : "Quoi qu'il en soit, nos services de police prennent tous ces appels très au sérieux et restent extrêmement vigilants, comme à chaque fois." À ce stade, rien ne permet donc d'affirmer que les violences redoutées auront lieu.

Des vols et une manifestation non autorisée le 17 octobre

Le magasin Nike de la rue Neuve a déjà été attaqué le samedi 17 octobre 2026. Sa gérante, Mouna Hichou, a raconté à Belga que deux jeunes avaient cassé une vitrine avec un gros bloc de béton. Une trentaine de personnes sont ensuite entrées dans le commerce et environ soixante articles ont été volés, selon son témoignage rapporté par The Brussels Times.

Ce même 17 octobre, plusieurs centaines de personnes, surtout des jeunes, avaient participé à une manifestation non autorisée à Bruxelles. D'après Bruxelles Today, le cortège avait circulé de la gare Centrale à la gare du Midi sous encadrement policier. La police avait utilisé des gaz lacrymogènes à plusieurs reprises.

Les violences en France alimentent les craintes

Les événements français auxquels se réfère Kévin Kaeses comprennent les pillages commis à Paris lors des manifestations du 17 octobre. Des groupes masqués s'en sont pris à des supermarchés, des cafés et des boutiques de téléphonie. Les attaques ont laissé des vitrines brisées et des établissements saccagés ; des marchandises ont été emportées, jusqu'à vider presque entièrement certains magasins. Des incendies et des dégâts au mobilier urbain ont aussi été signalés.

Selon le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez, cité par franceinfo, les violences du 17 octobre 2026 ont donné lieu à plus de 2 000 interpellations en France. La préfecture de police en a dénombré 855 à Paris. Le ministre a également fait état de plus de 600 blessés parmi les policiers, les gendarmes et les sapeurs-pompiers.

Une autre mobilisation syndicale prévue en novembre

À Bruxelles, d'importantes violences avaient aussi marqué les abords de la manifestation nationale du 9 octobre 2026. Ce rassemblement avait été organisé à l'initiative de la FGTB, avec le soutien de la CSC, rappelle RTL Info, sur la base d'informations de Belga.

Distinctement des appels à l'"Acte II", la CSC, la FGTB et Synova ont annoncé le 21 octobre une nouvelle manifestation nationale à Bruxelles pour le 23 novembre 2026. Les trois syndicats appellent à protester contre les mesures budgétaires pénalisant les travailleurs.

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