Philippe Close déclare une « urgence nationale » après la mort d'un policier à Jette

Le bourgmestre de Bruxelles réclame des moyens supplémentaires pour la police judiciaire fédérale après le décès d'un agent de la Brigade Anti-Agression tué par balle lors d'une intervention. Il appelle le Premier ministre Bart De Wever à convoquer tous les niveaux de pouvoir face à l'escalade de l…

Antoine Verstraeten

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« On savait que des drames allaient arriver » : Philippe Close alerte sur une « urgence nationale » suite à la mort d'un policier

Au lendemain de la mort par balle d'un policier lors d'une intervention à Jette, Philippe Close, bourgmestre de la ville de Bruxelles et chef de la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles, a déclaré mercredi une « urgence nationale ». L'agent décédé, Nordine, était un père de famille de 41 ans membre de la Brigade Anti-Agression, une unité spécialisée déployée lors d'opérations à haut risque.

Le drame s'est produit alors que Nordine, en civil, surveillait l'emplacement d'un véhicule volé repéré la veille au soir. Le policier a été atteint à la tête à bout portant. L'affaire avait débuté par un car-jacking armé à Tubize, dans le Brabant wallon. Trois armes ont été découvertes dans le véhicule après la fusillade.

Cette mort représente le 36e agent de police tué en service en Belgique au cours des 25 dernières années, selon le syndicat VSOA. Un précédent décès d'un policier avait eu lieu en mars 2024 lors d'une perquisition à Charleroi. En 2022, un autre agent avait été tué dans une attaque au couteau à Bruxelles, qualifiée de terroriste par les autorités.

Une escalade statistique préoccupante

Sur les ondes de La Première, Philippe Close a dressé un constat alarmant de la situation sécuritaire dans la capitale. Bruxelles a enregistré 57 fusillades au cours des sept premiers mois de 2026, causant deux décès et 21 blessés. À la fin du mois d'août, 69 incidents par balles avaient été comptabilisés. L'année 2025 avait déjà établi un triste record avec 101 fusillades, huit morts et 43 blessés.

Dans un pays où les armes à feu « circulent comme jamais », où les fusillades à Bruxelles et les explosions à Anvers se multiplient, tous les niveaux de pouvoir sont responsables, a indiqué le bourgmestre.

On savait que des drames allaient arriver, c'est le cas. Un policier ultra expérimenté est tombé au sol. On ne prend pas conscience du fait que la violence est en train de gangréner la société
, a-t-il souligné.

Huit des 22 fusillades enregistrées dans la capitale au premier trimestre 2026 étaient liées au trafic de stupéfiants ou à des guerres de territoire entre groupes criminels. Les réseaux de trafiquants recrutent des migrants en situation irrégulière et des mineurs comme dealers de rue, guetteurs et tireurs, tandis que les figures dirigeantes opèrent souvent depuis l'étranger.

Des moyens réclamés pour la police judiciaire

Philippe Close a soutenu la demande du procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, d'obtenir du gouvernement fédéral dix fonctionnaires administratifs permettant de soulager la police. Depuis janvier 2025, le parquet de Moinil a inculpé 6.211 suspects adultes et 874 mineurs, soit trois fois plus que sur la même période l'année précédente. Parmi eux figuraient 1.250 présumés dealers de drogue. Cette hausse spectaculaire des arrestations, qualifiée d'« effet Moinil », a doublé le nombre de suspects interpellés par rapport à 2024.

Le procureur Moinil, qui a pris ses fonctions le 9 janvier 2025, bénéficie lui-même d'une protection policière depuis 2025 après avoir reçu des menaces de la part de réseaux de trafic de drogue.

Ce n'est pas la mer à boire
, a estimé le bourgmestre concernant la demande de ressources supplémentaires, ajoutant qu'il avait fait tout ce qu'il pouvait au niveau de la police locale.
Je veux bien prendre ma part. Si on me dit que c'est nous qui devons les trouver, que eux ne les trouvent pas, qu'ils nous le disent alors. Mais qu'ils agissent. On ne peut pas rester comme ça et ne pas apporter de réponse
, a-t-il affirmé.

Appel au Premier ministre

Pour Philippe Close, le Premier ministre Bart De Wever, en fonction depuis le 3 février 2025 et premier nationaliste flamand à occuper ce poste, a la responsabilité de « convoquer tout le monde » pour répondre à l'urgence. De Wever, ancien bourgmestre d'Anvers de 2013 à 2025, dirige désormais un gouvernement de coalition et se trouve confronté à cette crise sécuritaire.

Appelant à prendre le phénomène dans sa globalité, Philippe Close a pointé un « problème de fouille des conteneurs à Anvers ». Le port d'Anvers, deuxième hub maritime européen, constitue un point d'entrée majeur pour la cocaïne en Europe. Les autorités belges y ont saisi 110 tonnes de cocaïne en 2022 et 121 tonnes en 2023. Selon les estimations, elles n'interceptent que 10 à 40 % de la cocaïne arrivant dans les ports belges.

Un appel à la prévention

Le bourgmestre a également souligné la nécessité d'investir dans la prévention et les politiques de santé publique concernant la consommation de drogue.

La drogue est partout, c'est un phénomène sociétal dont on refuse de parler
, a-t-il signalé.
Quelles sont les campagnes pour dire aux jeunes de ne pas se droguer, de ne pas prendre de la cocaïne, de la kétamine, de l'ecstasy ?
, s'est-il interrogé, relevant que de telles initiatives existent pourtant pour l'alcool et le tabac.

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