Eddy Merckx : « Si Remco Evenepoel se sent en mesure de gagner, il ne fera aucun cadeau ! »
Ce dimanche, Eddy Merckx retrouvera avec émotion le Mont Royal de Montréal, théâtre de son troisième et dernier titre mondial en 1974. Cinquante-deux ans plus tard, la légende belge assiste aux championnats du monde qui reviennent dans la métropole québécoise pour la troisième fois, après les éditions de 1974 et 2003.
Premier supporter de l'équipe nationale derrière Remco Evenepoel et Wout van Aert, le Bruxellois conserve des souvenirs précis de cet été 1974, notamment la chaleur écrasante qui régnait alors à Montréal. Un maillot arc-en-ciel de cette époque, soigneusement conservé par son épouse Claudine, témoigne d'une innovation textile : c'était la première fois que le maillot portait des liserés autour du col.
Un triplé historique à Montréal
Cette victoire montréalaise revêt une signification particulière dans l'histoire du cyclisme. Montréal 1974 fut en effet la première ville hors d'Europe à accueillir l'intégralité des championnats du monde sur route UCI, marquant une étape décisive dans l'expansion géographique de l'épreuve. Le triomphe de Merckx y acquit une dimension supplémentaire : il achevait le premier triplé Giro-Tour-Mondiaux de l'histoire, après avoir remporté le Giro d'Italia et le Tour de France la même saison. Seuls Stephen Roche en 1987 et Tadej Pogačar en 2024 sont parvenus à reproduire cet exploit.
La course de 1974 s'était déroulée dans des conditions extrêmes. Sur 70 partants, seuls 18 coureurs avaient franchi la ligne d'arrivée au terme des 262,5 kilomètres et 21 tours du circuit du Mont Royal. Les Français Raymond Poulidor et Mariano Martínez avaient complété le podium, tandis qu'Herman Vanspringel terminait sixième, seul autre Belge à rallier l'arrivée aux côtés de Merckx. Environ 200 000 spectateurs avaient assisté au week-end élite, témoignant de l'engouement populaire pour l'événement.
Cette troisième couronne mondiale permettait à Merckx d'égaler le record alors détenu par Alfredo Binda et Rik Van Steenbergen. Depuis, seuls Oscar Freire et Peter Sagan ont également remporté trois titres professionnels.
L'édition 2026 : un parcours exigeant
L'édition 2026, prévue du 20 au 27 septembre, réunit environ 1 000 athlètes de quelque 75 pays pour 13 épreuves : courses en ligne et contre-la-montre pour les juniors, espoirs et élites hommes et femmes, ainsi qu'un relais mixte. Le parcours masculin élite s'étend sur 273,7 kilomètres avec 3 803 mètres de dénivelé positif en 12 tours d'un circuit de 13,4 kilomètres, tandis que les femmes couvriront 180,4 kilomètres avec 2 570 mètres de dénivelé en 8 tours.
La Belgique en quête d'un nouveau titre
La Belgique aborde ces Mondiaux forte de son palmarès exceptionnel : avec 27 titres élites masculins, elle devance toutes les nations. Sa dernière victoire remonte à 2022 à Wollongong, en Australie, lorsque Remco Evenepoel s'était imposé en solitaire. Le jeune champion défend désormais son maillot arc-en-ciel sur un terrain que Merckx connaît intimement.
Interrogé sur ses attentes pour l'équipe belge, le Cannibale reste confiant : si Remco Evenepoel se sent en mesure de gagner, il ne fera aucun cadeau à ses adversaires. Un état d'esprit que Merckx connaît bien, lui qui n'avait pas non plus distribué les places d'honneur sur ce même Mont Royal, un demi-siècle plus tôt.


