Jean-Marc Nollet : « Je voulais laisser à Ecolo toute la liberté, y compris celle de me critiquer »

Après deux ans de silence depuis la débâcle électorale d'Ecolo, l'ancien coprésident revient sur son départ de la politique belge et sa nouvelle vie à Paris comme délégué général des Écologistes français.

Camille Wouters

3 min de lecture

lake-df0e35ba-65ed-4944-8540-34697029ea22-0.jpg

Trente ans de carrière politique

Depuis juin 2024, Jean-Marc Nollet a quitté les feux de la rampe politique belge. L'ancien coprésident d'Ecolo s'est installé à Paris où il occupe désormais un poste administratif au sein des Écologistes français, dirigés par Marine Tondelier. Après de nombreuses sollicitations, il a accepté de nous parler de ces deux années qui ont bouleversé sa trajectoire politique.

Les élections du 9 juin 2024 ont marqué un tournant historique pour Ecolo. Au niveau fédéral, le parti s'est effondré, passant de 13 à seulement 3 sièges sur 150 à la Chambre des représentants, avec à peine 2,93% des voix. Cette chute de 10 sièges représente la plus forte baisse subie par un parti lors de ce scrutin. Le désastre n'a pas épargné les autres niveaux de pouvoir : en Wallonie, Ecolo a perdu 7 sièges, tombant à 5 élus avec 6,97% des suffrages, se classant cinquième, derrière le PTB d'extrême gauche et frôlant dangereusement le seuil électoral de 5%. Aux européennes, le parti a également perdu un siège, ne conservant qu'un seul représentant, Saskia Bricmont, avec 10,06% des voix dans le collège francophone.

Dès le lendemain du scrutin, le 10 juin 2024, Jean-Marc Nollet et sa coprésidente Rajae Maouane ont annoncé leur démission.

Une nouvelle génération prendra ses responsabilités
avait-il déclaré sur les ondes de La Première. Nollet annonçait également son retrait de la politique belge active.

Trente ans de carrière politique

Cette décision marquait la fin d'un long parcours. Né le 7 janvier 1970 à Mouscron, Jean-Marc Nollet a consacré trois décennies à la politique écologiste. Devenu secrétaire politique d'Ecolo à 24 ans en 1994, il a accédé à des fonctions ministérielles dès l'âge de 29 ans en 1999. Il a occupé des postes gouvernementaux de 1999 à 2004, puis de 2009 à 2014. En novembre 2018, il accédait à la coprésidence d'Ecolo, d'abord aux côtés de Zakia Khattabi jusqu'en 2019, puis avec Rajae Maouane. Leur duo avait recueilli 92% des voix lors de leur élection en septembre 2019.

La période de coprésidence de Nollet a coïncidé avec la participation d'Ecolo au gouvernement Vivaldi. De septembre 2020 à juin 2024, les écologistes francophones et leur pendant flamand Groen ont fait partie de cette coalition inédite de sept partis dirigée par le Premier ministre Alexander De Croo, regroupant libéraux, chrétiens-démocrates, socialistes et écologistes. Cette participation gouvernementale s'est révélée électoralement fatale pour les Verts, tenus pour responsables par les électeurs des difficultés traversées durant cette période.

Un nouveau chapitre français

En janvier 2025, sept mois après avoir quitté la politique belge, Jean-Marc Nollet a rejoint Les Écologistes en France. Il y a été immédiatement nommé délégué général, un poste essentiellement administratif qu'il occupe sous la direction de Marine Tondelier. Cette dernière, élue secrétaire nationale du parti le 10 décembre 2022 avec 90,8% des voix au second tour du congrès, est également une figure de proue du Nouveau Front populaire, l'alliance de gauche française. Dans ce rôle de délégué général, Nollet assure ce qu'il décrit lui-même comme une fonction de

courroie de transmission
dans les coulisses du parti.

Entre-temps, Ecolo a poursuivi sa route avec une nouvelle direction. Samuel Cogolati a succédé à Jean-Marc Nollet comme coprésident le 13 juillet 2024, exerçant d'abord aux côtés de Marie Lecocq jusqu'en 2026, puis avec Gilles Vanden Burre depuis cette date.

Après deux ans de discrétion, Jean-Marc Nollet apparaît apaisé et épanoui dans sa vie parisienne. Loin des projecteurs de la politique belge, il semble avoir trouvé un nouvel équilibre dans ce rôle de soutien au sein des Écologistes français, contribuant discrètement à la structuration d'un parti qui, comme Ecolo avant lui, navigue dans les eaux parfois tumultueuses de l'écologie politique européenne.

BelgiqueEcolo & GroenÉlections communales
← Retour à Politique

À lire aussi