Sambrienne : Olivier Vandenhoute nommé commissaire spécial, sans pleins pouvoirs

Le gouvernement wallon MR-Engagés confie à Olivier Vandenhoute le suivi du plan d'actions de la Sambrienne, la société de logements publics de Charleroi-Gerpinnes. Il prend le relais du manager de crise avec un mandat de contrôle et d'accompagnement, sans pouvoir décider à la place des dirigeants.

Thomas Peeters

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Un an pour suivre l'exécution du plan

À la Sambrienne, qui compte 10 000 logements et constitue la plus grande société de logements publics de Wallonie, Olivier Vandenhoute assistera aux réunions et rendra compte au gouvernement. Son rôle sera de vérifier que les engagements sont tenus, de repérer les blocages et de suivre l'application des décisions. La ministre du Logement, Cécile Neven, fixe le cap : "Nous attendons des avancées rapides".

Le plan à suivre couvre les investissements nécessaires à la sécurité, à la conformité et à la salubrité des logements, mais aussi la remise en location des biens inoccupés. Il prévoit également des recrutements stratégiques et des mesures de redressement financier.

Ce mandat n'autorise pas le commissaire à se substituer aux responsables de la société. Selon la RTBF, le 8 octobre 2026, le gouvernement a écarté les pleins pouvoirs qu'un commissaire spécial peut théoriquement recevoir, comme le remplacement des organes de gestion ou la possibilité de procéder à des licenciements. Olivier Vandenhoute devra accompagner l'administration et le management, tout en contrôlant l'exécution des décisions. Sa mission est prévue pour un an, avec un renouvellement possible si cette durée ne suffit pas.

Un proche du MR déjà chargé de deux missions similaires

Olivier Vandenhoute connaît le logement public, où il travaille à la Société wallonne du Logement (SWL) en dehors de ses missions politiques. Il a déjà exercé comme commissaire spécial en 2011 au Confort Mosan, qui comptait 1 500 logements, puis en 2016 à la Société du Logement de Grâce-Hollogne, dont le parc atteignait 2 000 logements.

Proche du MR, il a aussi occupé plusieurs fonctions en cabinet : à l'économie auprès de Serge Kubla de 2002 à 2004, puis au logement auprès de Valérie De Bue de 2017 à 2019 et de Cécile Neven de 2024 à 2026.

Le relais après la mission de Lionel Godrie

L'intervention d'un manager de crise, en avril, répondait à plusieurs dysfonctionnements : défauts de conformité incendie, subsides inutilisés et nombreux logements vides. Il devait élaborer un plan d'actions avec les responsables de la Sambrienne. Cette mission vient de s'achever après une prolongation de quelques semaines.

Elle avait été confiée à Lionel Godrie, alors CEO du Logement Bruxellois. Selon Télésambre/Belga, le 17 avril 2026, la SWL l'avait choisi au terme d'une procédure de mise en concurrence, pour une durée initialement limitée à cinq mois. La DH indiquait le 14 octobre que cette mission avait été payée 215 000 euros TVAC pour cinq mois.

Conformité, logements vides et financements

Les chiffres communiqués par Cécile Neven et rapportés par La DH le 14 octobre précisent l'ampleur des défauts de conformité : sur environ 9 500 logements, 6 072 ne disposaient pas de certificat de conformité gaz et 4 924 étaient sans conformité électrique.

Les besoins financiers avaient été exposés dès février. Dans un courrier à la ministre rapporté par La DH le 24 février 2026, la Sambrienne estimait à 138 millions d'euros les sommes nécessaires pour rénover les biens inoccupés et remettre aux normes près de 5 200 logements, soit 55 % de son parc. Elle évaluait à 238 millions d'euros supplémentaires les rénovations énergétiques nécessaires liées à la performance énergétique des bâtiments (PEB).

L'audit de la SWL faisait aussi état de 1 234 logements en attente de travaux qui ne pouvaient être proposés aux familles inscrites sur liste d'attente. Le taux d'inoccupation correspondant atteignait 13 %, contre 6,7 % en moyenne en Wallonie.

Le même audit relevait environ 46 millions d'euros de subsides manqués par la Sambrienne en raison de délais non respectés. Le problème dépassait Charleroi-Gerpinnes : près de 160 millions d'euros n'avaient pas été réclamés dans 20 sociétés publiques de logement wallonnes. La DH signalait par ailleurs l'ouverture d'un dossier judiciaire pour suspicion de "marchand de sommeil", en marge du scandale révélé début 2026.

Une méthode contestée par le PS et le PTB

Avant que le nom du commissaire soit connu, le passage d'un manager de crise à un commissaire spécial avait suscité les critiques de l'opposition. Selon La DH du 14 octobre, la députée PS Isabella Greco reprochait à Cécile Neven de retirer le manager pour faire venir un commissaire "sans expérience du terrain". Elle dénonçait également le fait que le conseil d'administration ait appris par la presse la désignation à venir.

Germain Mugemangango, pour le PTB, avait de son côté jugé "fou" que la Sambrienne ne soit pas associée aux décisions.

Les EngagésMRWallonie
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