Une limite d'âge et des cotisations étudiantes à l'étude
Pour les étudiants, le durcissement envisagé porterait à la fois sur l'âge d'accès au régime, qui serait limité à 25 ans, et sur son coût. Les cotisations s'élèvent aujourd'hui à 2,7 % pour l'étudiant et à 5,4 % pour l'employeur. Aucun nouveau taux n'est avancé : une source gouvernementale parle seulement d'une augmentation "légère", destinée à rapprocher le coût du travail étudiant de celui d'un emploi classique.
Cette orientation reviendrait en partie sur les assouplissements décidés par le même gouvernement. David Clarinval (MR), ministre de l'Emploi, a porté de 600 à 650 le nombre d'heures pouvant être travaillées chaque année sous le régime étudiant. Il a également abaissé à 15 ans l'âge minimum pour occuper un job étudiant.
Les flexi-jobs concernés par plusieurs restrictions
Du côté des flexi-jobs, deux changements sont envisagés : faire passer la cotisation patronale de 28 % à 30 % et restreindre l'accès au dispositif pour les malades de longue durée ainsi que pour les personnes travaillant à quatre cinquièmes.
Ces restrictions iraient dans le sens des demandes syndicales, selon Business AM. Les syndicats estiment que ces formes d'emploi, faute de cotisations sociales complètes, concurrencent de manière déloyale les travailleurs sous régime classique et fragilisent le financement de la sécurité sociale.
Le régime des flexi-jobs a pourtant été récemment étendu à tous les secteurs. D'après l'analyse du cabinet Deg & Partners, cette ouverture aux secteurs privés et publics s'applique depuis le 1er juillet 2026, en vertu de la loi du 28 juin 2026 publiée au Moniteur belge. Au lieu d'une liste de secteurs autorisés, la règle est désormais l'application par défaut. Un secteur peut toutefois demander à en être exclu par une convention collective sectorielle unanime.
Deg & Partners précise aussi que, pour les travailleurs non pensionnés, les revenus des flexi-jobs bénéficient d'une exonération fiscale dans la limite de 18 440 euros pour 2026. Ce plafond, indexé chaque année, était de 18 000 euros pour les revenus de 2025.
RetailDetail souligne les conséquences possibles des hausses de cotisations pour les supermarchés, les chaînes de mode et les autres détaillants. Ceux qui emploient des étudiants et des travailleurs en flexi-job durant les week-ends, les vacances ou les périodes de forte affluence pourraient subir une augmentation sensible de leurs frais de personnel si ces mesures étaient adoptées.
Des arbitrages liés à la négociation budgétaire
Selon Business AM et RetailDetail, ces propositions participent à la recherche de 10 milliards d'euros pour boucler le budget pluriannuel fédéral. Les principaux ministres ont engagé des négociations intensives avec l'objectif d'aboutir au plus tard le mardi suivant. Aucune décision définitive sur ces mesures ne sera prise hors d'un accord budgétaire d'ensemble.
Le MR et la N-VA restent favorables aux dispositifs de travail flexibles, rapporte Business AM. Les deux partis ont souligné que les mesures n'étaient pas arrêtées et pourraient encore être renégociées au cours des discussions politiques prévues durant le week-end ou au début de la semaine suivante.


