Une libération avant l'examen de l'appel
Des trois frères interrogés dans cette affaire, seul M.S. avait été maintenu en détention préventive, les deux autres ayant été libérés après leur audition. Le 20 octobre, la chambre du conseil avait prolongé sa détention d'un mois. Il avait contesté cette décision et devait se présenter jeudi devant la chambre des mises en accusation, mais le juge d'instruction a finalement ordonné sa remise en liberté.
Son avocat, Me Léo Fastenaekel, a confirmé la décision : "Nous accueillons cette décision avec satisfaction et tenons à saluer le fait que sa situation ait été réexaminée à la lumière de l'évolution de l'enquête".
Le rôle que M.S. aurait pu jouer n'est toujours pas clairement établi. "Mon client a toujours contesté toute implication dans les faits. L'instruction se poursuit et, dans l'intérêt de son bon déroulement et par respect pour l'ensemble des personnes concernées, je ne ferai pas davantage de commentaires", a ajouté son conseil.
L'audience de S.E.A. reportée au 4 novembre
S.E.A., un autre suspect âgé d'une trentaine d'années, conteste toute responsabilité depuis le 16 octobre. Il a lui aussi fait appel de la prolongation d'un mois de sa détention préventive, décidée le 20 octobre par la chambre du conseil. L'examen de son recours, prévu jeudi, a été repoussé au mercredi 4 novembre.
Il affirme qu'il occupait le véhicule visé par un carjacking à Tubize. D'après son récit, les auteurs l'auraient roué de coups, puis emmené à Jette. Il dit y avoir assisté aux tirs contre Nordine El Talbi, qui venait examiner le véhicule volé, avant la fuite des agresseurs.
Un volet annexe de l'affaire porte sur des stupéfiants. La victime du carjacking de Tubize, un Anderlechtois né en 1991, a été placée sous mandat d'arrêt le 15 octobre 2026 pour détention et vente de stupéfiants. Sa détention préventive a ensuite été prolongée d'un mois.
Le rôle des suspects reste à déterminer
Selon le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, l'instruction porte sur un meurtre avec circonstances aggravantes, Nordine El Talbi ayant été tué dans l'exercice d'une fonction sociale. Cette infraction est passible de la réclusion à perpétuité.
La RTBF indiquait qu'au 18 octobre 2026, six personnes étaient sous mandat d'arrêt : cinq majeurs et un mineur, tous Bruxellois. Parmi eux, trois avaient été interpellés par la Garde civile à Almería, en Espagne, et un dans une gare parisienne. Ces arrestations avaient été effectuées sur la base de mandats d'arrêt internationaux et la Belgique avait demandé leur remise.
Le 20 octobre, la RTBF rapportait que le tireur présumé serait le mineur, âgé de 16 à 17 ans, arrêté à Paris et comptant parmi ces six suspects. Le parquet de Bruxelles confirme l'implication d'un mineur, mais précise qu'à ce stade, il ne peut établir avec certitude le rôle de chacun.
Ces révélations ont suscité les réserves de Sven Mary, l'avocat de la famille du policier. Il les juge prématurées et susceptibles de perturber l'enquête : il redoute que les autres suspects attribuent au mineur la responsabilité du tir mortel au cours de leurs auditions.
Un policier bruxellois de 41 ans
Nordine El Talbi avait rejoint la police bruxelloise plus de quinze ans auparavant. Devenu inspecteur en 2009 au sein de la zone Bruxelles-Capitale/Ixelles, il avait intégré en 2019 la brigade anti-agression (BAA), spécialisée dans les interventions à haut risque.
Après le meurtre, le procureur général de Bruxelles, Frédéric Van Leeuw, a exprimé son inquiétude face au nombre d'armes dangereuses circulant dans la capitale, notamment en provenance d'Ukraine et de Turquie. Il a également fait part de ses préoccupations concernant la hausse des violences liées au trafic de drogue.
Le 15 octobre 2026, plus de 2 000 personnes ont assisté à la prière funéraire de Nordine El Talbi à la mosquée Al-Amal, rue du Libre Examen à Anderlecht. L'édifice, d'une capacité de 2 000 fidèles, était plein ; une partie des personnes présentes a dû prier à l'extérieur.






