Une croissance portée par la consommation et l'industrie
Avec une croissance de 3,9 % au deuxième trimestre, la Pologne conserve une avance sur la plupart des économies européennes. La consommation des ménages y augmente de près de 4 % par an, contre 0,8 % en moyenne dans la zone euro. Test Achats Invest souligne aussi l'apport d'une main-d'œuvre qualifiée et du retour de Polonais établis au Royaume-Uni, qui contribue au dynamisme entrepreneurial.
L'industrie, au sens large incluant les activités manufacturières, les mines, la construction et l'énergie, représente plus du quart de l'économie polonaise. Ses liens étroits avec les chaînes de valeur allemandes pourraient lui permettre de bénéficier des mesures de soutien à l'économie allemande.
La Commission européenne attend une hausse du PIB de 3,5 % en 2026, puis de 2,8 % en 2027, des rythmes qui placeraient encore la Pologne parmi les pays les plus dynamiques de l'UE. Elle prévoit également que l'inflation ralentira à 2,9 % en 2027. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) retient les mêmes prévisions de croissance pour ces deux années.
Des financements européens importants, mais un budget sous pression
De nouveau accessibles, les fonds européens soutiennent les investissements publics et privés. Le rapport 2026 sur la Pologne, diffusé par le Conseil de l'Union européenne, chiffre l'enveloppe du plan de relance et de résilience à 54,7 milliards d'euros, soit environ 8 % du PIB. Au 2 juin 2026, les versements atteignaient 34,15 milliards d'euros, dont 19,7 milliards de prêts. Cela représentait environ 62 % de l'allocation totale, après validation de 166 jalons et objectifs.
La politique de cohésion constitue une autre source majeure d'investissement public : pour la programmation 2021-2027, la Pologne bénéficie de 75,46 milliards d'euros de fonds européens, soit près de 9 % de son PIB de 2024. Avec le cofinancement national, le montant atteint 90,48 milliards d'euros.
Les dépenses de défense doivent aussi contribuer à l'investissement. Selon la BERD, la Pologne a obtenu la plus importante dotation de l'instrument européen SAFE, pour Security Action for Europe. Le gouvernement polonais prévoit que plus de 80 % de ces dépenses seront effectuées dans le pays.
Les comptes publics restent toutefois dégradés. En 2025, le déficit a atteint 7,3 % du PIB, le deuxième niveau le plus élevé de l'UE, et la dette publique s'est établie à 59,7 % du PIB. Le rapport européen projette une dette de 68,3 % en 2027. Sous procédure de déficit excessif depuis 2024, la Pologne s'est vu recommander de ramener son déficit sous 3 % du PIB d'ici 2028.
À plus long terme, Test Achats Invest relève qu'une amélioration du niveau de vie pourrait réduire certaines aides européennes. La publication estime néanmoins que la modernisation de l'économie et les investissements récents devraient continuer à soutenir la croissance.
À Varsovie, un profil différent des grandes valeurs technologiques
L'intérêt pour les actions polonaises s'inscrit dans une recherche de diversification. Test Achats Invest observe que les grands indices restent proches de leurs records malgré une inflation encore supérieure aux objectifs des banques centrales, un crédit plus cher et une confiance des ménages faible. Après avoir soutenu les marchés, les investissements dans la technologie et l'intelligence artificielle doivent démontrer leur rentabilité, dans un contexte de concurrence chinoise et de banalisation de certaines technologies. De nombreux investisseurs institutionnels cherchent ainsi à moins dépendre des grandes valeurs technologiques.
Le marché de Varsovie offre une autre répartition sectorielle : les sociétés financières y occupent la première place, avec également une présence de l'énergie, de l'industrie et des biens de consommation. Dans l'indice MSCI Poland, la présentation d'octobre 2026 de la Bourse de Varsovie (WSE) attribue 44 % aux financières, 17 % à la consommation discrétionnaire et 14 % à l'énergie.
La hausse des cours est déjà marquée. Selon Test Achats Invest, la Bourse polonaise a gagné 29 % en euros depuis le début de l'année et 37 % sur douze mois. La publication considère néanmoins que les prix restent raisonnables au regard des perspectives économiques.
Les données de la WSE au 14 octobre 2026 situent le ratio cours/bénéfices prévisionnel à un an du MSCI Poland à 11,4 fois, contre 11,5 fois pour le MSCI Emerging Markets et 20,1 fois pour le MSCI World. Le marché polonais se valorise ainsi à un niveau comparable à celui des marchés émergents, nettement inférieur à celui des marchés développés. Test Achats Invest juge toujours attractif ce multiple proche de 11 fois les bénéfices attendus.
Un marché qui s'élargit et dont le statut évolue
Pour la WSE, la taille du marché laisse encore une marge de progression. La capitalisation des sociétés nationales cotées représentait 27 % du PIB en 2025, après 22 % en 2024, loin de la moyenne européenne de 70 %.
L'analyse de QNB relayée par Tustex fait également état d'une participation étrangère record : les investisseurs étrangers ont réalisé 73 % des volumes échangés sur le marché principal au premier semestre 2026. Elle recense dix introductions en bourse depuis le début de l'année, autre signe d'un approfondissement du marché des capitaux polonais.
En août 2026, S&P Dow Jones Indices a décidé de faire passer la Pologne de la catégorie des marchés émergents à celle des marchés développés. Cette décision sera appliquée lors de la reconstitution des indices en septembre 2027. S&P DJI rejoint ainsi FTSE Russell et Stoxx, qui avaient procédé à ce reclassement en 2018.
MSCI maintient pour sa part la Pologne parmi les marchés émergents. La Bourse de Varsovie anticipe un changement de catégorie chez ce fournisseur d'indices d'ici trois à cinq ans ; il ne s'agit donc pas d'une décision annoncée par MSCI.
Une recommandation de 5 %, avec une perspective ukrainienne conditionnelle
Test Achats Invest propose d'affecter 5 % du portefeuille aux actions polonaises, quel que soit le portefeuille concerné. La publication privilégie l'iShares MSCI Poland UCITS ETF, déjà présent dans son portefeuille, qui réplique le MSCI Poland et donne accès au marché polonais. Cette recommandation repose sur la croissance, la vigueur de la demande intérieure et le dynamisme industriel du pays.
Une autre possibilité reste liée à l'issue du conflit en Ukraine. Test Achats Invest estime qu'en cas de résolution, la Pologne serait bien placée pour participer à la reconstruction, grâce à sa proximité géographique, à ses liens historiques et économiques avec l'Ukraine et aux entreprises polonaises qui y sont déjà implantées. Ces sociétés pourraient prendre part aux futurs projets, mais cette perspective demeure conditionnée à un retour de la stabilité dans la région.






