Révolution pour le contrôle technique : voici ce qui change le 1er septembre pour les automobilistes
À partir du 1er septembre 2026, une nouvelle étape de la réforme du contrôle technique automobile entrera en vigueur en Flandre, créant une disparité réglementaire majeure entre les régions du pays. Les voitures particulières flamandes ne devront désormais passer le contrôle technique que tous les deux ans après un premier contrôle effectué quatre ans après l'immatriculation, alors que Bruxelles et la Wallonie maintiendront un rythme annuel.
Cette réforme, mise en œuvre progressivement depuis juillet 2024, s'inscrit dans une volonté du gouvernement flamand d'éliminer le « gold-plating », c'est-à-dire l'application de règles plus strictes que les normes européennes minimales. La Flandre s'aligne ainsi sur les exigences de base de l'Union européenne en matière de contrôle technique automobile.
Un « tourisme du contrôle technique » anticipé
Touring, l'organisation automobile belge membre de la FIA (Fédération Internationale de l'Automobile), s'attend à ce qu'un nombre important d'automobilistes bruxellois et wallons choisissent de faire contrôler leur véhicule dans un centre flamand. « Actuellement, les règles sont globalement les mêmes partout », explique Joost Kaesemans, porte-parole de Touring. « Mais cela changera à partir de septembre. »
Les automobilistes belges restent libres de choisir n'importe quel centre de contrôle technique du pays, quelle que soit leur région de résidence. « Nous nous attendons à ce que beaucoup optent pour la Flandre, car le certificat de contrôle technique y sera valable plus longtemps que dans les autres régions », précise l'organisation.
Au-delà de la fréquence des contrôles, la réforme flamande prévoit également la suppression des contrôles obligatoires lors de l'achat d'un véhicule d'occasion acheté en Belgique, bien que cette obligation subsiste pour les véhicules importés. Le délai accordé pour réparer les défauts majeurs passera également de quinze jours à deux mois, et les attestations d'assurance ne seront plus vérifiées dans les centres de contrôle flamands.
Des préoccupations économiques et sécuritaires
François Desquesnes, vice-président du gouvernement wallon et ministre de la Mobilité (Les Engagés), avait déjà mis en garde contre ce phénomène de « tourisme du contrôle technique » dès le mois de mai 2026, appelant à une concertation interrégionale. « Nous devons éviter l'émergence d'un tourisme dont les motivations sont incompatibles avec la sécurité routière », avait-il déclaré.
Les enjeux dépassent la simple question de la commodité pour les automobilistes. Selon des rapports mentionnés par le ministre Desquesnes, près de 500 emplois dans les centres de contrôle technique pourraient être menacés par cette réforme, compte tenu du possible déplacement de la demande vers les centres flamands.
Appel à l'harmonisation nationale
Face à cette situation, Touring plaide pour une harmonisation des règles sur l'ensemble du territoire belge. « Il est difficile d'expliquer que les règles diffèrent d'un côté à l'autre de la frontière linguistique », souligne Joost Kaesemans. « Cela perturbe également le travail des centres de contrôle technique. »
Cette fragmentation réglementaire intervient alors que le contrôle technique automobile, supervisé par la fédération GOCA (Groupement des Entreprises Agréées de Contrôle Automobile), existe en Belgique depuis 1933. La question de la coordination entre les trois régions sur cette compétence régionalisée reste entière à l'approche de l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions flamandes.
