Commerce dominical : les supermarchés belges enregistrent une hausse de 22 % de leur chiffre d'affaires

Les ventes du dimanche représentent désormais 5,7 % des achats de biens de consommation courante en Belgique. La multiplication des ouvertures dominicales transforme profondément le paysage de la grande distribution.

Marc Delcourt

3 min de lecture

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Une progression constante des achats dominicaux

Le dimanche est devenu un jour de courses à part entière en Belgique. Au cours des sept premiers mois de 2026, les achats dominicaux de biens de consommation courante ont représenté 5,7 % du total des ventes, contre 5,1 % sur la même période en 2025 et 4,5 % en 2024. Cette progression constante témoigne d'une transformation en profondeur des habitudes de consommation des Belges.

Cette évolution s'explique par la multiplication des enseignes ouvrant leurs portes le septième jour de la semaine. Le mouvement s'est considérablement accéléré ces deux dernières années, créant un effet d'entraînement dans l'ensemble du secteur.

Des franchises pionnières

Historiquement, la législation belge interdisait l'ouverture dominicale de la plupart des commerces. Les franchises et petites surfaces bénéficiaient toutefois d'exemptions, leur offrant un avantage concurrentiel significatif. Cette situation a longtemps créé une distinction claire entre magasins intégrés et franchisés.

Delhaize a marqué un tournant majeur en annonçant le 7 mars 2023 la conversion de l'ensemble de ses 128 magasins intégrés en franchises. L'opération, qui a débuté avec l'ouverture du premier magasin converti à Denderleeuw le 10 octobre 2023, s'est achevée en novembre 2024 avec la réouverture du dernier établissement à Anvers. Cette transformation a concerné entre 8 000 et 9 000 employés selon les estimations syndicales.

Chez Carrefour, environ 600 magasins Market et Express franchisés ouvraient déjà leurs portes le dimanche avant que l'enseigne ne franchisse une nouvelle étape. Le 18 janvier 2026, après un accord conclu en décembre 2025 avec les syndicats prévoyant une prime salariale de 50 % pour le travail dominical, Carrefour a ouvert ses 40 hypermarchés et ses 43 magasins Market intégrés le dimanche.

L'effet domino

Le groupe Colruyt a également rejoint le mouvement avec son réseau Okay, qui compte 156 magasins ouverts le dimanche. Cette décision a renforcé la pression concurrentielle sur les autres acteurs du marché.

Face à cette généralisation des ouvertures dominicales, les discounters Aldi et Lidl ne pouvaient rester à l'écart. Après des discussions exploratoires entamées en avril 2026, Aldi a annoncé en juin 2026 son intention d'ouvrir l'ensemble de ses magasins le dimanche matin, de 8h30 à 13h00. Lidl a également entamé des négociations avec les partenaires sociaux pour suivre la même voie.

En attendant d'obtenir le feu vert pour leurs ouvertures dominicales, ces deux enseignes tentent de limiter la perte de parts de marché en proposant des promotions le samedi sur les produits frais.

Des résistances persistent

Tous les acteurs ne suivent pas le mouvement avec le même enthousiasme. Colruyt Group, leader du marché belge avec 28,9 % de parts de marché fin 2025, s'oppose à l'ouverture dominicale de ses magasins principaux. L'enseigne estime que cette option n'est pas économiquement viable compte tenu des coûts salariaux actuels.

Cette position illustre les tensions qui traversent le secteur. Si les ouvertures dominicales génèrent un chiffre d'affaires supplémentaire significatif, elles soulèvent également des questions sur la rentabilité réelle et l'impact social de cette évolution. Les syndicats dénoncent régulièrement un recul des conditions de travail et une précarisation croissante des employés du secteur.

Le commerce dominical s'inscrit désormais dans le paysage belge comme une réalité incontournable, redistribuant les cartes entre les différentes enseignes et modifiant en profondeur l'organisation du travail dans la grande distribution.

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