Double enquête ouverte après le déraillement d'un train régional près de Rouen
Une enquête technique a été ouverte par le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) après le déraillement d'un train régional vendredi 11 septembre près de Rouen, qui avait déjà donné lieu à l'ouverture d'une enquête judiciaire. L'annonce a été faite dimanche par le ministre des Transports Philippe Tabarot.
Cette enquête technique vise à « déterminer précisément les circonstances » de l'accident, a précisé le ministre sur X. Le BEA-TT, créé en 2004 à la suite d'une législation votée en 2002 après l'incendie du tunnel du Mont-Blanc, se saisit lui-même des cas d'accidents sur lesquels il lui paraît pertinent d'ouvrir une enquête. L'organisme a une vocation purement technique et ses investigations ne visent pas à déterminer les responsabilités juridiques, mais à formuler des recommandations de sécurité.
Au cours de ses vingt années d'existence, le BEA-TT a publié 250 enquêtes, dont 62 concernant des accidents ferroviaires, et émis 825 recommandations de sécurité. Son directeur avait confirmé samedi à l'AFP que l'organisme avait décidé de se saisir de ce dossier.
Les circonstances de l'accident
L'accident s'est produit vendredi vers 19h45 entre les gares de Tourville et d'Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon, en Seine-Maritime, au sud de Rouen. Le train régional, qui assurait la liaison Rouen-Caen avec 186 passagers à bord, a déraillé après avoir heurté un objet présent sur la voie. Une voiture s'est renversée sur le côté tandis que quatre autres ont quitté les rails.
Le bilan fait état de 44 blessés, dont un gravement, selon le parquet. Une jeune femme de 18 ans a été évacuée par hélicoptère vers le Centre hospitalier universitaire de Rouen dans un état critique. Plus de 140 pompiers et secouristes ont été déployés sur place, et les autorités ont activé un plan de secours pour victimes nombreuses. Samedi après-midi, le ministre des Transports a indiqué que 21 blessés avaient pu quitter l'hôpital.
Causes encore à déterminer
Les causes exactes du déraillement restent à déterminer. Un morceau de rail présent sur la voie pourrait être à l'origine de l'accident, mais les raisons de la présence de cet objet demeurent « inconnues » pour l'instant, selon le parquet. L'hypothèse d'un acte malveillant a été évoquée par plusieurs responsables politiques, mais le parquet a appelé samedi soir à la prudence.
La ligne Rouen-Caen, normalement desservie par 20 trains quotidiens avec une fréquence accrue aux heures de pointe, reste partiellement perturbée. Dimanche, SNCF Voyageurs Normandie a indiqué que les trains circulaient « selon les horaires quasi habituels, avec quelques adaptations » entre Caen et Elbeuf, mais que « pour Elbeuf-Rouen et Rouen-Elbeuf, la ligne n'est pas praticable ».
Cet accident survient alors que la France a enregistré 140 accidents ferroviaires significatifs en 2024 selon les statistiques européennes de sécurité ferroviaire, se plaçant au troisième rang des pays de l'Union européenne derrière l'Allemagne et la Pologne.






