Patrimoine et fiscalité : Maxime Prévot et Eric Domb trouvent un terrain d'entente surprenant
À la veille des négociations budgétaires cruciales, Maxime Prévot, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères depuis le 3 février 2025, a rencontré Eric Domb, créateur de Pairi Daiza et ancien avocat fiscaliste. Leur échange a révélé une convergence inattendue sur des sujets sensibles : la taxation du patrimoine, la modernisation du système fiscal et les risques d'un déficit de croissance persistant pour la Belgique.
Le contexte économique belge est préoccupant. Le déficit budgétaire a atteint 5,2 % du PIB en 2025, contre 4,4 % l'année précédente, faisant de la Belgique le plus mauvais élève de la zone euro. Les projections indiquent que ce déficit restera autour de 5 % du PIB jusqu'en 2027 malgré les mesures de consolidation prévues. Parallèlement, la dette publique devrait grimper de 106,6 % du PIB en 2025 à 111,3 % en 2029.
Une coalition fragile face à des défis immenses
L'Arizona, coalition gouvernementale réunissant cinq partis (N-VA, MR, Les Engagés, Vooruit et CD&V), tire son nom des couleurs du drapeau de l'État américain qui correspondent aux teintes des formations politiques participantes. Cette alliance, formée après 236 jours de négociations difficiles suivant les élections du 9 juin 2024, prévoit des économies budgétaires ambitieuses : 2,1 milliards d'euros en 2026, 4 milliards en 2027, 4,7 milliards en 2028 et plus de 9 milliards en 2029. Ces économies passeront principalement par une hausse de la fiscalité à court terme et des réformes structurelles progressives.
Dans ce contexte tendu, la question de la taxation du patrimoine revient sur la table. Le président du parti de Prévot a récemment plaidé pour une globalisation des revenus, ouvrant le débat sur une réforme fiscale d'envergure.
Domb et Prévot : un accord sur le principe
Eric Domb, qui a fondé Pairi Daiza en 1993 (ouvert au public en 1994 sous le nom de Parc Paradisio) après une carrière d'avocat au barreau de Bruxelles et de consultant fiscal chez Coopers & Lybrand (devenu PwC), apporte une perspective entrepreneuriale au débat. Son parc animalier est aujourd'hui l'attraction touristique payante la plus visitée de Belgique et a reçu trois étoiles du Guide Michelin Vert.
Ancien président de l'Union wallonne des entreprises entre 2006 et 2009, administrateur de Proximus et consul général honoraire d'Indonésie, Domb défend une position nuancée. Selon lui, le véritable clivage ne se situe pas entre la gauche et la droite, mais entre le dogme et l'efficacité. Il admet que le patrimoine peut être taxé, à condition que cette taxation soit intelligente et n'entrave pas l'investissement productif.
Prévot partage cette vision pragmatique. Les deux hommes s'accordent sur la nécessité de moderniser un système fiscal qu'ils jugent désuet et inadapté aux réalités économiques contemporaines. Leur échange met en lumière un consensus possible au-delà des lignes partisanes traditionnelles.
Les réformes déjà en cours
Le gouvernement a déjà franchi un premier pas avec l'introduction, au 1er janvier 2026, d'une nouvelle taxe de 10 % sur les plus-values réalisées sur les actifs financiers (actions, cryptomonnaies, contrats d'assurance). Cette mesure prévoit une franchise de 10 000 euros et ne s'applique qu'aux gains accumulés après le 31 décembre 2025, les plus-values historiques étant exemptées.
Pour Prévot et Domb, cette initiative ne suffit pas. Ils plaident tous deux pour une refonte plus profonde qui concilierait justice fiscale et dynamisme économique. Le risque d'un déficit de croissance structurel inquiète particulièrement les deux interlocuteurs, qui voient dans une fiscalité modernisée un levier pour stimuler l'investissement et l'innovation.
Leur dialogue illustre qu'au-delà des clivages politiques habituels, des convergences existent sur des questions économiques fondamentales. Reste à voir si cet accord de principe se traduira par des mesures concrètes lors des prochaines négociations budgétaires de l'Arizona.






