Le premier ministre du Manitoba qualifie Trump de « peu fiable et irresponsable » sur fond de tensions commerciales

Wab Kinew critique vertement le président américain alors que le Canada négocie un accord commercial pour éviter des droits de douane punitifs de 50 % sur 28 milliards de dollars de marchandises.

Marc Delcourt

2 min de lecture

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Des négociations sous pression

Alors que le Canada et les États-Unis poursuivent des négociations commerciales sous haute tension, le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a vivement critiqué jeudi le président américain Donald Trump, le qualifiant de « versatile, irresponsable et peu fiable ». Ces propos interviennent après que les termes d'un accord commercial potentiel ont été communiqués aux dirigeants provinciaux canadiens.

« Nous connaissons tous le président américain : il est versatile, irresponsable et peu fiable », a déclaré Wab Kinew, devenu en octobre 2023 le 25e premier ministre du Manitoba et le premier premier ministre anishinaabe d'une province canadienne. « On ne peut pas conclure un bon accord avec une mauvaise personne, car qui dit qu'il ne va pas revenir dessus ? »

Des enjeux commerciaux considérables

Le ministre canadien chargé des Relations commerciales avec les États-Unis, Dominic LeBlanc, s'est dit jeudi « très près » d'un accord après ses discussions avec le négociateur américain Jamieson Greer. Les enjeux sont considérables : l'administration Trump menaçait d'imposer des droits de douane punitifs de 50 % sur environ 28 milliards de dollars de produits canadiens. L'entrée en vigueur de ces tarifs, initialement prévue pour le 21 août 2026, a été suspendue le temps des négociations.

Ces tensions s'inscrivent dans un conflit commercial plus large qui a débuté le 1er février 2025, lorsque les États-Unis ont commencé à imposer des tarifs, suivis de mesures de rétorsion canadiennes entrées en vigueur le 4 mars 2025. La relation commerciale entre les deux pays représente plus de 1 000 milliards de dollars d'échanges annuels, l'une des plus importantes relations bilatérales au monde.

Le premier ministre canadien Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque du Canada et première personne non-citoyenne à avoir dirigé la Banque d'Angleterre en 2013, a pris ses fonctions en mars 2025 après la démission de Justin Trudeau annoncée en janvier. Face à cette crise, le Canada a créé en février 2026 un poste de négociateur commercial en chef pour les États-Unis, confié à Janice Charette.

L'alcool américain au cœur du litige

L'une des principales pierres d'achoppement dans ces négociations concerne les restrictions sur la vente d'alcool américain. En mars 2025, huit des dix provinces canadiennes ont retiré les produits alcoolisés américains de leurs rayons en réaction aux propos de Donald Trump, qui avait affirmé vouloir faire du Canada le 51e État américain. Seules l'Alberta et la Saskatchewan n'ont pas participé à ce boycott.

Cette mesure a eu un impact économique significatif : les exportations américaines d'alcool vers le Canada ont chuté de 63 % en 2025. Selon plusieurs sources médiatiques, Wab Kinew accepterait toutefois de se plier à la demande du premier ministre Carney d'autoriser à nouveau la vente de boissons alcoolisées américaines dans sa province. Le dirigeant manitobain a néanmoins encouragé ses concitoyens à boycotter ces produits et à privilégier les alternatives canadiennes.

Les négociations en cours porteraient également sur d'autres secteurs clés de l'économie canadienne, notamment l'acier, l'aluminium et l'automobile, des industries vitales pour plusieurs provinces du pays.

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