Drone détecté deux soirs consécutifs près de l'aéroport de Bruxelles
Pour la deuxième soirée d'affilée, un drone non autorisé a été détecté dans les environs de l'aéroport de Bruxelles-National. L'entreprise Skeyes, chargée du contrôle aérien en Belgique, a confirmé samedi l'observation d'un appareil suspect, alors que Brussels Airport n'a enregistré aucune perturbation du trafic aérien.
Le contrôleur aérien a repéré le drone à la fois visuellement et via ses systèmes numériques de détection, selon Kurt Verwilligen, porte-parole de Skeyes. Conformément à la procédure en vigueur contre les drones non autorisés (Rogue Drone Procedure), les opérations ont été suspendues avant de reprendre à 20h20, après la demi-heure d'interruption réglementaire suivant un signalement. Skeyes, entreprise publique autonome responsable du trafic aérien belge, gère quotidiennement plus de 3.000 mouvements d'appareils, soit plus d'un million de vols par an.
Du côté de l'aéroport, la situation s'est révélée moins critique que la veille. Quentin Mertens, porte-parole de Brussels Airport, a indiqué que les services n'avaient reçu aucun signalement concernant un survol par drone samedi. Aucune déviation ni retard n'ont été constatés dans le trafic aérien.
Perturbations la veille avec déviations de vols
Le contraste est net avec l'incident du vendredi 11 septembre au soir, lorsque les atterrissages à l'aéroport de Zaventem ont dû être suspendus entre 21h45 et 22h10 en raison de la présence d'un drone. Trois vols ont alors été contraints de se dérouter vers d'autres aéroports.
Le survol d'aéroports par des drones constitue une infraction grave en Belgique. La loi sur l'aviation de 1937 prévoit des sanctions pénales pouvant atteindre 8.000 euros d'amende, voire davantage, avec une peine d'emprisonnement possible en cas de mise en danger.
Une menace récurrente en Belgique
Ces incidents s'inscrivent dans une série de perturbations liées aux drones qui affectent la Belgique depuis plusieurs mois. En novembre 2025, le pays avait connu de multiples intrusions de drones au-dessus d'aéroports et d'installations militaires, poussant le gouvernement à convoquer son Conseil national de sécurité. Les autorités avaient alors décidé d'acquérir des drones intercepteurs de fabrication lettonne pour renforcer la protection de l'espace aérien.
Le 4 novembre 2025, tant l'aéroport de Bruxelles que celui de Liège avaient été contraints de fermer suite à des observations distinctes de drones, entraînant la déviation de vols vers les aéroports d'Ostende-Bruges et de Charleroi.
Un phénomène européen préoccupant
La Belgique n'est pas un cas isolé. L'Europe connaît une recrudescence d'incidents impliquant des drones près des aéroports en 2025 et 2026. Le Centre aérospatial allemand (DLR) a recensé 116 incidents liés à des drones dans 25 aéroports en 2025, touchant des pays comme le Danemark, la Norvège, l'Allemagne et la Pologne.
En septembre 2025, l'aéroport de Copenhague avait dû fermer pendant près de quatre heures après l'observation de drones, causant 109 annulations et 51 déroutements de vols. Cet événement avait marqué le début d'une vague d'incidents à travers le continent.
Face à cette menace croissante, l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) travaille actuellement à l'élaboration de règles plus claires concernant les opérations de contre-drones dans les aéroports européens.






