L'équipage de l'ISS participe à une étude belge sur les effets des vols spatiaux sur le cerveau

Les sept membres d'équipage actuellement à bord de la Station spatiale internationale participent à un programme de recherche dirigé par l'Université d'Anvers qui analyse les modifications cérébrales induites par les séjours dans l'espace. L'étude pourrait déboucher sur des avancées médicales terre…

Lucas Michiels

3 min de lecture

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L'équipage de l'ISS participe à une étude belge sur les effets des vols spatiaux sur le cerveau

Les sept astronautes et cosmonautes présents à bord de la Station spatiale internationale (ISS) prennent part à une étude scientifique mesurant l'impact des séjours spatiaux sur le cerveau humain, a annoncé mardi le Service public fédéral de programmation Politique scientifique (Belspo). Cette recherche est dirigée par le professeur Floris Wuyts de l'Université d'Anvers, qui dirige le Laboratoire d'investigations de l'équilibre et de l'aérospatiale.

L'équipage actuel, qui fait partie de l'Expédition 75 lancée le 26 juillet 2026, comprend trois Américains, trois Russes et une Française, Sophie Adenot. Cette dernière, arrivée à bord de l'ISS le 14 février 2026 dans le cadre de la mission SpaceX Crew-12, est la deuxième Française à participer à une mission de longue durée sur la station, 25 ans après Claudie Haigneré en 2001.

Un protocole rigoureux en trois temps

Le protocole de recherche exige que chaque participant passe une IRM avant son départ vers la station spatiale. À leur retour sur Terre, ils effectuent un second examen, puis un troisième scan six à sept mois après la fin de leur mission. Cette triple acquisition d'images permet aux chercheurs d'identifier avec précision les changements survenus dans le cerveau des sujets et de suivre leur évolution à long terme.

Les missions de longue durée sur l'ISS durent en moyenne environ 185 jours, soit un peu plus de six mois, offrant ainsi une fenêtre d'exposition significative aux conditions de microgravité.

Nous ne pouvons pas reproduire parfaitement les conditions qui règnent dans l'espace, à commencer par la microgravité. Grâce à ces images, nous comprenons mieux la manière dont le corps et le cerveau humains s'adaptent à cet environnement. Nous apprenons beaucoup sur les troubles de l'équilibre et sur l'étonnante résilience de notre cerveau

explique le professeur Wuyts.

Une ampleur exceptionnelle

Le programme Brain-DTI a déjà analysé les données de plus de 40 voyageurs spatiaux, dont 24 Américains, 13 Russes et plusieurs astronautes de l'Agence spatiale européenne. Cela représente près de 10% de toutes les personnes ayant voyagé dans l'espace, conférant à l'étude une envergure exceptionnelle.

Les recherches ont révélé que dans l'environnement de microgravité, le cerveau des astronautes se déplace vers l'arrière et le haut à l'intérieur du crâne, avec une expansion ventriculaire et des modifications du volume de liquide céphalorachidien. Certains de ces effets persistent plusieurs mois après le retour sur Terre.

Des retombées médicales terrestres

Cartographier ces transformations devrait également conduire à des progrès médicaux sur Terre, notamment dans la recherche sur l'équilibre et la neuroplasticité. En comparant les images cérébrales des astronautes et cosmonautes avec celles de patients, l'équipe de recherche a réalisé des avancées majeures sur le syndrome du mal de débarquement, un trouble de l'équilibre provoquant des sensations persistantes de balancement ou d'oscillation après un voyage.

Ce syndrome présente des symptômes similaires à ceux que les astronautes éprouvent à leur retour de l'espace, lorsque le cerveau ne parvient pas à s'adapter aux signaux contradictoires provenant de l'oreille interne. Le professeur Wuyts espère que les résultats concernant cette pathologie seront publiés « prochainement ».

Une collaboration internationale

Le programme Brain-DTI est un projet de l'Agence spatiale européenne (ESA) mené par l'Université d'Anvers. La KU Leuven et l'Université de Liège y participent également, aux côtés des universités de Munich, Moscou, Rome, Stanford et de Caroline du Sud. L'équipe a déjà reçu plusieurs distinctions internationales, dont un prix décerné par l'agence spatiale américaine (NASA).

Cette recherche prend une dimension particulière alors que l'ISS, occupée en permanence depuis le 2 novembre 2000, approche de la fin de sa vie opérationnelle. La station est programmée pour sa mise hors service fin 2030, nécessitant environ deux ans de préparation pour sa désorbitation, ce qui confère une certaine urgence aux programmes de recherche en cours.

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