Un vice-président de la FIFA retire son soutien à Gianni Infantino

Le Hongrois Sandor Csanyi, vice-président du conseil de la FIFA, a annoncé qu'il ne soutenait plus le président Gianni Infantino, citant des décisions politiques controversées et le licenciement inattendu d'un haut cadre.

Hélène Goffin

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Un vice-président de la FIFA retire son soutien à Gianni Infantino

Le Hongrois Sandor Csanyi, l'un des huit vice-présidents du conseil de la FIFA, a retiré son soutien au président de l'instance mondiale du football Gianni Infantino. Cette décision intervient après une série de controverses qui ont secoué l'organisation, notamment l'abandon d'un projet d'ouverture aux investisseurs privés et le licenciement d'un cadre dirigeant.

Dans une lettre adressée à Infantino, Sandor Csanyi, qui dirige également la fédération hongroise de football depuis 2010 et occupe le poste de vice-président de la FIFA depuis février 2018, déclare avoir « perdu la confiance précédemment placée » dans le dirigeant italo-suisse. Le responsable hongrois, qui est par ailleurs directeur général d'OTP Bank, l'un des plus grands groupes financiers d'Europe centrale et orientale, justifie sa position par plusieurs décisions qu'il juge préoccupantes.

Des décisions servant des intérêts politiques

Csanyi évoque notamment « des décisions servant des intérêts politiques plutôt que ceux du football », en particulier lors de la Coupe du monde 2026. Lors de ce tournoi, plusieurs controverses ont éclaté, notamment concernant l'annulation d'un carton rouge infligé au joueur américain Folarin Balogun suite à un appel téléphonique entre le président Trump et Infantino, une décision qui a suscité de vives critiques.

Un projet d'investissement controversé

Le vice-président hongrois critique également le plan d'ouverture de l'instance mondiale à des investisseurs privés, un projet qui prévoyait la vente d'environ 20% d'une nouvelle entité appelée FIFA Forward Enterprise, évaluée à 20 milliards de dollars, afin de lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars. Ce plan devait être mené par le fonds d'investissement Thrive Eternal de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump.

Csanyi dénonce le fait que cette initiative ait été réalisée « en secret, sans en avoir informé le Conseil de la FIFA ». L'UEFA, l'instance dirigeante du football européen, avait qualifié le projet d'« irresponsable et indéfendable », accusant la FIFA de mettre « l'âme » du sport en vente. Les 55 associations membres de l'UEFA avaient même voté pour boycotter toutes les compétitions de la FIFA si le plan se concrétisait, ce qui a finalement conduit à son abandon.

Le licenciement qui a fait déborder le vase

« La goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été le licenciement inattendu de Kevin Lamour », affirme le dirigeant hongrois. Lamour, qui occupait le poste de directeur général des opérations depuis novembre 2024 après avoir été secrétaire général adjoint de l'UEFA, supervisait des secteurs administratifs essentiels tels que le juridique, la communication et le personnel.

L'instance mondiale du football a confirmé lundi le départ de Lamour, qui avait publiquement critiqué le projet d'investissement privé. Dans un communiqué publié fin juillet, le responsable français avait dénoncé « le projet d'une seule personne » et déclaré que « non seulement ce projet ne doit pas voir le jour, mais le moment est désormais venu pour les dirigeants du monde du football de se poser les bonnes questions et de prendre les bonnes décisions ».

L'opposition au projet d'Infantino ne se limitait pas à Lamour. Carlos Cordeiro, ancien président de la fédération américaine de football et ancien cadre de Goldman Sachs qui servait de conseiller principal à Infantino, avait démissionné le 31 juillet 2026, qualifiant le plan d'« une mauvaise affaire pour le football » et s'interrogeant sur la nécessité de faire appel à des investisseurs externes alors que la FIFA dispose de réserves importantes et n'a pas de dette.

Une élection présidentielle en vue

« Ma conviction que vous êtes capable de diriger la FIFA avec succès et efficacement a été sapée », conclut Csanyi dans sa lettre à Infantino. Cette prise de position survient à quelques mois de l'élection présidentielle de la FIFA, prévue le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc, lors du 77e Congrès de la FIFA. Infantino, candidat à sa réélection, devra obtenir une majorité des deux tiers au premier tour parmi les 211 associations membres, ou une simple majorité lors des tours suivants.

Le retrait du soutien de l'un des huit vice-présidents du conseil de la FIFA, organe composé de 37 membres qui assure la gouvernance de l'organisation, représente un revers significatif pour le président en exercice dans un contexte déjà tendu au sein de l'instance internationale.

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