L'éruption de l'Anak Krakatau paralyse le trafic aérien indonésien et bloque des dizaines de milliers de voyageurs
L'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta et trois autres plateformes aériennes indonésiennes ont prolongé leur fermeture jusqu'à lundi soir en raison de l'éruption du volcan Anak Krakatau. Cette décision a immobilisé des dizaines de milliers de voyageurs à travers l'archipel.
Le volcan, situé dans le détroit de la Sonde entre Java et Sumatra à environ 150 kilomètres de la capitale, est entré en éruption samedi avec des coulées de lave et des détonations perceptibles à des centaines de kilomètres. L'agence de volcanologie a signalé de nouvelles éruptions dimanche et prévient que d'autres pourraient suivre. Les panaches de cendres ont atteint approximativement 15 kilomètres d'altitude, se déplaçant vers l'ouest à environ 74 km/h selon le Centre consultatif des cendres volcaniques de Darwin.
Cette activité volcanique intense, qui perdure depuis le 2 juillet lorsque le niveau d'alerte a été élevé au niveau III, a provoqué la suspension du trafic aérien dans huit aéroports indonésiens dimanche. La mesure a été prolongée jusqu'à lundi soir pour au moins quatre d'entre eux, dont l'aéroport Soekarno-Hatta, deuxième plateforme la plus fréquentée d'Asie du Sud-Est avec 3,24 millions de sièges prévus en septembre 2026 et 13,49 millions de passagers enregistrés au premier trimestre de l'année.
En lien avec l'augmentation de l'activité éruptive du mont Anak Krakatau, les vols dans plusieurs aéroports sont suspendus
a annoncé lundi matin l'entreprise Angkasa Pura, gestionnaire de l'aéroport international Soekarno-Hatta.
Pour la seule matinée de lundi, 243 vols intérieurs et internationaux ont été annulés ou retardés, perturbant les plans de près de 30 000 passagers. Au total depuis samedi, plus de 270 000 passagers ont été affectés par des vols annulés, retardés ou déroutés à travers l'Indonésie, selon le ministère des Transports.
Risques majeurs pour l'aviation
Les cendres volcaniques représentent un danger considérable pour les aéronefs. Ces particules fines et abrasives peuvent endommager les réacteurs, rayer les pare-brise des cockpits et perturber les systèmes embarqués, tout en échappant à la détection par les radars météorologiques conventionnels. L'incident du vol 9 de British Airways en juin 1982 illustre ces risques : le Boeing 747 avait perdu la puissance de ses quatre moteurs après avoir traversé un nuage de cendres du mont Galunggung, avant que l'équipage ne parvienne à les redémarrer et à atterrir en urgence à Jakarta.
Face à cette situation, six aéroports de déroutement ont été préparés dans l'est et le centre de Java ainsi qu'à Yogyakarta pour accueillir les appareils initialement destinés à Jakarta.
Nous encourageons les compagnies aériennes à utiliser ces aéroports afin d'éviter l'engorgement des passagers, tant au départ qu'à l'arrivée
a déclaré le ministre des Transports Dudy Purwagandhi.
L'exploitant de l'aéroport de Jakarta a mis en place des services de bus gratuits pour les passagers souhaitant rejoindre ces plateformes alternatives, situées à plusieurs heures de route. Le gouvernement indonésien a également assoupli les règles concernant les permis de séjour pour les voyageurs étrangers contraints de prolonger leur présence en raison des annulations.
Un volcan au passé meurtrier
L'Anak Krakatau, dont le nom signifie « enfant du Krakatau », est apparu dans les années 1920 au centre de la caldeira créée par la catastrophique éruption de 1883 du Krakatau, qui avait causé la mort de plus de 36 000 personnes par des tsunamis et demeure l'un des événements volcaniques les plus violents de l'histoire moderne.
Plus récemment, le 22 décembre 2018, un effondrement de flanc lors d'une éruption a généré un tsunami qui a tué au moins 437 personnes et blessé des dizaines de milliers d'autres le long des côtes de Java et Sumatra, marquant le tsunami d'origine volcanique le plus meurtrier depuis l'éruption de 1883.
Les autorités maintiennent actuellement le volcan au niveau d'alerte III, deuxième niveau le plus élevé sur l'échelle indonésienne à quatre niveaux, avec une zone d'exclusion de 3 kilomètres autour du cratère actif. L'Indonésie, située sur la Ceinture de feu du Pacifique, compte plus de 120 volcans actifs, ce qui expose régulièrement son réseau aérien aux perturbations liées à l'activité volcanique.
