Woluwe-Saint-Lambert s'oppose fermement au projet immobilier de Neerveld
Le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, Olivier Maingain (LIB·RES), a réaffirmé ce matin sur BX1 l'opposition ferme de sa commune au projet immobilier controversé de Neerveld. Le promoteur prévoit de démolir 17 maisons pour ériger 12 immeubles abritant 192 logements dans ce quartier résidentiel à l'ambiance champêtre.
« C'est une zone avec des jardins, de jeunes familles peuvent y trouver des habitations à prix raisonnables », a expliqué le bourgmestre. « Quand une maison vaut 400.000 ou 500.000 euros et qu'un promoteur en propose 700.000 ou 800.000 euros, c'est de la spéculation. Nous allons trouver des moyens de nous y opposer. »
Une opposition qui s'organise
La mobilisation citoyenne contre ce projet d'envergure ne faiblit pas. Une pétition menée par le comité de quartier Aquilon, représenté par Claudine Esposito, a recueilli plus de 500 signatures. Les opposants dénoncent un développement « équivalent à un village concentré dans ces bâtiments » qui menacerait le caractère résidentiel du secteur.
Dès février 2025, la commune avait officiellement exprimé sa désapprobation. La commission de concertation de Woluwe-Saint-Lambert a rendu un avis défavorable sur le projet, l'échevine Delphine De Valkeneer le qualifiant de « disproportionné » et annonçant que la municipalité utiliserait « tous les recours légaux possibles ».
Un patrimoine résidentiel menacé
Le quartier de Neerveld conserve un caractère particulier au sein de la commune bruxelloise. Certaines des 17 habitations menacées de démolition ont été construites il y a plus de 120 ans, témoignant de l'architecture résidentielle historique d'une zone autrefois agricole. Cette particularité explique pourquoi les résidents évoquent un coin de campagne au cœur de la capitale.
Woluwe-Saint-Lambert, commune prospère souvent comparée à Uccle ou aux 14e et 17e arrondissements parisiens, compte environ 40% d'expatriés parmi ses habitants. La préservation de son caractère résidentiel constitue un enjeu majeur pour cette municipalité qui a connu une forte croissance démographique, passant d'environ 48.000 habitants en 2006 à 58.541 en 2022, avec des projections atteignant 65.000 à 70.000 résidents d'ici 2030-2033.
Spéculation immobilière dans un marché tendu
Les arguments du bourgmestre sur la spéculation s'inscrivent dans un contexte de hausse continue des prix immobiliers bruxellois. En 2026, le prix médian des appartements à Bruxelles atteint environ 255.000 à 274.550 euros selon les zones, tandis que les maisons s'échangent en moyenne à 620.000 euros, avec une progression annuelle d'environ 4%.
Les offres évoquées par Maingain dépassent largement ces moyennes régionales, alimentant les craintes d'une pression spéculative dans un quartier recherché par les jeunes familles pour son accessibilité relative et son cadre de vie.
Les leviers municipaux
En Belgique, la régulation immobilière se partage entre les niveaux fédéral, régional et municipal. Les communes disposent de compétences en matière de zonage et d'urbanisme dans le cadre établi par la Région de Bruxelles-Capitale. Cette structure décentralisée offre aux autorités communales des instruments pour influencer ou bloquer des projets qu'elles jugent inadaptés.
Olivier Maingain, bourgmestre depuis 2006 et figure politique expérimentée après 24 ans à la présidence du FDF/DéFI de 1995 à 2019, a quitté ce parti en décembre 2024 pour fonder LIB·RES (Libre et Responsable) en avril 2025. Il entend manifestement utiliser cette expertise pour défendre la vision urbanistique de sa commune face aux ambitions des promoteurs.

