Nouvelle hausse des prix des carburants en Belgique ce vendredi
Les automobilistes belges devront à nouveau mettre la main au portefeuille ce vendredi. L'Administration de l'énergie du SPF Economie a annoncé jeudi une nouvelle augmentation des prix maximums des carburants à la pompe, effective dès le 3 octobre.
Le litre d'essence 95 RON E10 va augmenter de 4,4 centimes pour atteindre 2,065 euros, tandis que l'essence 98 RON E5 coûtera au maximum 2,259 euros, en hausse de 3,3 centimes. Les prix maximums du gasoil diesel pour application chauffage, du diesel agricole et du gasoil de chauffage connaîtront également une hausse.
Un système de prix régulé unique
En Belgique, les prix des carburants sont encadrés par un système de prix maximums calculés quotidiennement par le SPF Economie dans le cadre de l'Accord de programme. Cette formule stricte détermine des plafonds que les stations-service ne peuvent dépasser, bien qu'elles puissent vendre en dessous de ces limites. Ce mécanisme de régulation place la Belgique parmi les rares pays européens à appliquer un tel système de contrôle des prix.
Les taxes représentent une part importante du prix final à la pompe. La Belgique applique une accise de 0,60 euro par litre tant sur l'essence que sur le diesel, étant l'un des rares pays de l'UE à taxer les deux carburants de manière égale. À cela s'ajoute une TVA de 21% sur le prix total.
Une volatilité marquée depuis septembre
Cette nouvelle hausse s'inscrit dans un contexte de forte volatilité des prix. Après avoir atteint un pic à 2,407 euros par litre pour le diesel le 12 septembre, les tarifs avaient connu une baisse début octobre, l'essence E10 tombant à 2,021 euros le 1er octobre, avant de repartir à la hausse quelques jours plus tard.
La Belgique n'est pas un cas isolé. Selon les données d'Eurostat, le pays a enregistré en mars 2026 l'une des plus fortes augmentations mensuelles de l'Union européenne, avec une hausse de 25,2% pour le diesel et de 15,1% pour l'essence. Au 1er octobre, douze pays de l'UE, dont la Belgique, ont atteint des records historiques, le prix moyen européen du diesel s'établissant à 2,24 euros le litre, contre 1,59 euro avant le début de la crise au Moyen-Orient.
Les cours du pétrole en forte hausse
Ces augmentations reflètent directement l'évolution des cours mondiaux du pétrole. Le baril de Brent se négociait autour de 101 à 104 dollars début octobre 2026, soit une hausse de 54 à 57% par rapport à l'année précédente. Cette flambée fait suite à un pic historique atteint en mars-avril, où le baril avait grimpé jusqu'à environ 120 dollars.
Selon la Banque mondiale, les prix de l'énergie devraient connaître en 2026 leur plus forte hausse annuelle depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, avec une augmentation de 24%. L'institution a qualifié la situation actuelle de plus important choc d'approvisionnement pétrolier jamais enregistré, avec une réduction initiale de la production d'environ 10 millions de barils par jour.
Impact des tensions géopolitiques
Cette crise énergétique trouve son origine dans les perturbations autour du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transitent environ 20 à 35% du commerce mondial de pétrole brut par voie maritime. Les tensions dans cette région ont provoqué des disruptions majeures dans les approvisionnements mondiaux.
La Belgique se trouve modérément exposée à ces perturbations. Selon une analyse de l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis, le pays importe 16% de son approvisionnement en gaz naturel liquéfié du Qatar, ce qui le rend vulnérable aux perturbations dans cette région stratégique, bien que dans une moindre mesure que l'Italie (33%) ou la Pologne (25%).






