Josh Wander, cofondateur de 777 Partners et ancien propriétaire du Standard, plaide coupable d'une fraude de 500 millions de dollars

Josh Wander, cofondateur de la société d'investissement qui a possédé le Standard de Liège, a reconnu avoir escroqué des prêteurs et investisseurs pendant plusieurs années. Il risque jusqu'à 40 ans de prison et doit rembourser au moins 500 millions de dollars.

Antoine Verstraeten

4 min de lecture

lake-5004e779-8dd7-461d-aae3-098a44bf7fed-0.jpg

Le cofondateur de 777 Partners, ancien propriétaire du Standard, risque une lourde peine de prison pour une fraude de 500 millions de dollars

Josh Wander, cofondateur de la société américaine d'investissements 777 Partners qui a possédé le Standard de Liège, a plaidé coupable de fraude pour un montant de 500 millions de dollars devant le tribunal du district sud de New York ce jeudi 15 octobre 2026. L'Américain de 45 ans encourt désormais une peine de prison pouvant aller jusqu'à 40 ans.

Selon les autorités judiciaires, Wander a reconnu avoir escroqué des prêteurs et des investisseurs pendant plusieurs années en falsifiant des documents pour embellir artificiellement les finances de 777 Partners. Le tribunal a retenu deux chefs d'accusation de fraude en valeurs mobilières, chacun passible d'une peine maximale de 20 ans de prison.

Des méthodes frauduleuses d'une rare audace

Les procureurs américains ont révélé des détails édifiants sur les méthodes employées par Wander pour dissimuler la situation financière réelle de son entreprise. Il aurait notamment dirigé des employés de 777 Partners pour altérer numériquement des relevés bancaires afin d'afficher des millions de dollars qui n'existaient pas. Dans un cas particulièrement révélateur, une capture d'écran falsifiée, créée à l'aide du logiciel Microsoft Paint, prétendait montrer environ 8 millions de dollars en liquidités alors que les comptes concernés contenaient moins de 500 000 dollars.

Lorsqu'un prêteur a confronté Wander en mars 2023 au sujet d'actifs mis en gage deux fois, il a faussement prétendu que le problème était une erreur involontaire causée par le système informatique vieillissant de 777 Partners. Le tribunal a établi que l'accusé a emprunté frauduleusement des centaines de millions en se basant sur des actifs qui n'existaient pas ou étaient déjà mis en gage.

Un empire financier construit sur le mensonge

777 Partners, fondée le 1er septembre 2015 à Miami en Floride par Josh Wander et Steven Pasko, était devenue propriétaire du Standard de Liège le 11 mars 2022 en rachetant 100 % des parts pour un montant d'environ 55 millions d'euros. Cette acquisition marquait l'une des plus importantes dans la stratégie d'acquisition multi-clubs de la société.

Au-delà du club liégeois, 777 Partners a également possédé ou détenu des participations dans plusieurs autres clubs de football à travers le monde :

  • le Hertha Berlin en Allemagne
  • le Genoa en Italie
  • Vasco da Gama au Brésil
  • Sevilla FC en Espagne
  • Red Star FC en France
  • Melbourne Victory en Australie

En mai 2024, les ennuis financiers de 777 Partners ont rattrapé l'entreprise en Belgique. L'ancien propriétaire du Standard Bruno Venanzi et les anciens propriétaires du Stade Maurice Dufrasne ont demandé la saisie des actifs de 777 en Belgique pour non-paiement. Un tribunal belge a autorisé la saisie des actifs de la société.

Faillite et conséquences pour le Standard

La situation s'est encore détériorée en août 2026 lorsque 777 Partners a déposé le bilan selon la procédure du Chapitre 11 aux États-Unis. Les documents de faillite ont révélé des obligations de dette d'au moins 2,7 milliards de dollars, dont environ 1,3 milliard était dû à l'assureur-vie américain A-CAP.

Lors de la faillite de 777 Partners en septembre 2024, le Standard de Liège est tombé dans les mains d'A-CAP jusqu'au rachat du club par son CEO Giacomo Angelini. Cette transaction s'est accompagnée d'une augmentation de capital stratégique de 28,7 millions d'euros en juin 2025, permettant au club de se libérer de ses dettes financières et de ses obligations historiques envers les créanciers.

Dans le cadre de son accord à l'amiable avec la justice, Wander a accepté de rembourser au moins 500 millions de dollars provenant des fonds obtenus illicitement. La sentence finale sera prononcée le 1er mars 2027.

Les poursuites contre Wander ne se limitent pas à cette procédure pénale. En octobre 2025, la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine a également engagé une procédure civile distincte contre lui, l'accusant de fraude dans une levée de fonds de 237 millions de dollars en actions privilégiées, au cours de laquelle il aurait induit les investisseurs en erreur sur la situation financière de 777 Partners entre janvier 2021 et mai 2024.

De nombreuses plaintes contre 777 Partners ont été déposées à travers le monde. Rien qu'en 2024, 16 plaintes ont été enregistrées aux États-Unis pour des dettes impayées de plus de 100 millions d'euros. Les créanciers affirment que la société a emprunté frauduleusement des centaines de millions en se basant sur des actifs fictifs ou déjà engagés ailleurs.

Corruption
← Retour à Procès & Tribunaux

À lire aussi