Suspect en détention clame son innocence lors d'une audience houleuse à Bruxelles

Soulaïmane E.A., en détention préventive dans l'enquête sur la mort du policier Nordine El Talbi, a vigoureusement contesté son implication lors d'une audience de révocation de sursis devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.

Antoine Verstraeten

3 min de lecture

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L'un des suspects du meurtre du policier Nordine El Talbi clame son innocence à l'audience: "Je suis passé de victime séquestrée à coupable"

L'audience devant la 67e chambre bis du tribunal correctionnel de Bruxelles, qui traite notamment les procédures accélérées, a pris une tournure inattendue ce vendredi. Soulaïmane E.A., 31 ans, l'un des deux suspects maintenus sous mandat d'arrêt dans l'affaire de la mort du policier Nordine El Talbi, y comparaissait pour la révocation de sursis issus de condamnations antérieures.

L'audience s'est rapidement transformée en une déclaration passionnée d'innocence. Debout face au tribunal, le suspect a exprimé sa colère et son sentiment d'injustice. Il a présenté ses condoléances aux proches du policier tout en niant catégoriquement toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. Selon ses déclarations, il serait passé du statut de victime séquestrée à celui de suspect principal, une situation qu'il qualifie d'injustice flagrante.

Soulaïmane E.A. se trouve en détention préventive depuis mercredi, tout comme Mohamed S., l'aîné des trois frères initialement interpellés dans les premiers jours de l'enquête. En Belgique, un mandat d'arrêt délivré par le juge d'instruction est valable pour une durée maximale de cinq jours, après quoi la chambre du conseil doit statuer sur le maintien en détention préventive pour une durée maximale d'un mois. Deux des frères initialement arrêtés ont depuis été relâchés. Le propre frère de Soulaïmane E.A. a également été placé en garde à vue pendant 48 heures avant d'être libéré.

Contexte de l'affaire

L'affaire remonte à la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre 2026, lors d'une opération policière visant à intercepter un véhicule volé lors d'un carjacking à Tubize. Nordine El Talbi, 41 ans, membre de la Brigade anti-agression de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles depuis 2019, a été mortellement atteint par balle à la tête lors de cette intervention. Le policier, qui avait rejoint la zone en 2009, est devenu selon le syndicat de police VSOA le 36e policier belge à perdre la vie en service au cours des 25 dernières années.

L'enquête a rapidement conduit à l'interpellation de plusieurs suspects. L'audience de ce vendredi portait sur la révocation des sursis dont bénéficiait Soulaïmane E.A. suite à d'anciennes condamnations. En Belgique, la révocation du sursis peut être obligatoire en cas de nouvelle infraction durant le délai d'épreuve ayant entraîné une condamnation à plus de six mois de prison sans sursis, ou facultative pour des peines d'un à six mois.

Réactions et hommages

L'affaire a profondément ému la Belgique. Une cérémonie d'hommage officielle s'est tenue le vendredi 16 octobre 2026 au parc du Cinquantenaire à Bruxelles, réunissant plus de 1 000 personnes, dont des policiers venus de toute la Belgique. Le ministre fédéral de l'Intérieur et de la Sécurité Bernard Quintin a décerné à titre posthume la Croix civique de première classe à Nordine El Talbi pour son courage, son dévouement et son humanité.

L'enquête se poursuit tandis que les deux suspects restent en détention préventive. Le dossier illustre la complexité des procédures judiciaires en cours et les tensions qu'elles génèrent, notamment lorsque les personnes mises en cause contestent vigoureusement leur implication dans les faits qui leur sont reprochés.

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