Attentat de Trappes : le RN annonce des poursuites contre Le Monde pour diffamation

Le Rassemblement national a annoncé mardi 27 octobre 2026 vouloir poursuivre Le Monde après la publication d'une information sur la présence de tracts RN dans la voiture de Kevin T., suspect de l'attentat raciste de Trappes. Le parquet national antiterroriste a démenti cette information, ce que men…

Antoine Verstraeten

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Une information démentie au cœur du litige

À l'origine de la controverse, Le Monde avait fait état de tracts du RN retrouvés dans le véhicule de Kevin T., sur la foi d'une source anonyme proche de l'enquête. Lundi soir, le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a déclaré qu'"aucun tract d'un parti politique n'a été découvert dans son véhicule".

Le lendemain, Bruno Bilde, vice-président du RN chargé des affaires juridiques, a accusé le journal d'avoir participé à une opération militante destinée à salir le parti. Dans son communiqué, il a annoncé des poursuites en diffamation, le RN "considérant que son enquête n'était pas sérieuse au sens de la jurisprudence". Selon Le Figaro, dans un article publié le 26 octobre et actualisé le 27, le parti a également réclamé des "excuses publiques" au quotidien.

Le RN a aussi mis en cause les responsables politiques ayant relayé cette information, les accusant de l'avoir fait à des fins électoralistes. Le parti d'extrême droite a promis de ne laisser passer aucune manœuvre de ce type.

Le Monde dénonce des menaces contre deux journalistes

Dans une réponse adressée mardi soir à l'AFP, Le Monde a dénoncé une campagne de haine visant deux de ses journalistes depuis le matin. Le quotidien affirme que ces attaques sont alimentées par des médias d'extrême droite et largement diffusées sur les réseaux sociaux. Il condamne des "injures et menaces intolérables" et se réserve la possibilité de saisir la justice.

La polémique gagne l'Assemblée nationale

Mardi 27 octobre, les députés ont observé une minute de silence à la mémoire de Pengo Bossio Wangi, tué dans l'attentat. Selon franceinfo, la séance a ensuite dégénéré : après une intervention du député RN Sébastien Chenu dénonçant un "concours de fake news", des élus de gauche et écologistes ont quitté l'hémicycle. Le Premier ministre Sébastien Lecornu leur a reproché de faire le jeu du Rassemblement national.

Les victimes et les éléments de l'enquête

L'attaque a eu lieu vendredi matin à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Kevin T., âgé de 39 ans, y a tiré en rafales, tuant Pengo Bossio Wangi et faisant plusieurs blessés. D'après Olivier Christen, au moins quatre des personnes blessées portent des noms à consonance africaine ou maghrébine.

Pengo Bossio Wangi était un Français de 26 ans d'origine congolaise. Espoir du MMA, il s'entraînait à l'Atch Academy, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Selon l'AFP, le fondateur du club, Stéphane Chaufourier, a déclaré qu'il "se dirigeait vers une carrière professionnelle".

Le procureur a indiqué que Kevin T. reconnaissait les faits, mais niait tout mobile raciste. Une source proche du dossier a signalé la découverte à son domicile d'un exemplaire de "Mein Kampf", d'Adolf Hitler. Une autre source a fait état auprès de l'AFP de son évolution vers l'idéologie raciste.

Selon les informations du parquet national antiterroriste rapportées par l'AFP, le suspect avait piégé son appartement de Plaisir avec des bouteilles de gaz et des fils électriques raccordés à un minuteur. Les enquêteurs ont retrouvé dans sa Renault Clio un pistolet-mitrailleur de type Sten ainsi qu'une bombe lacrymogène. Les analyses toxicologiques ont établi la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang au moment de l'attaque.

Dans son article du 25 octobre 2026, l'AFP rapportait également, en citant le parquet national antiterroriste, que quatre personnes de l'entourage familial et amical de Kevin T., dont ses parents, étaient toujours en garde à vue.

Des hommages aux victimes

L'émotion suscitée par l'attentat a touché les milieux politiques et culturels. Plusieurs villes ont accueilli des rassemblements en mémoire des victimes lundi soir.

Lors de sa venue à Trappes, Emmanuel Macron a dénoncé un "attentat terroriste raciste". Selon franceinfo, le président a affirmé que les victimes avaient été "visées en raison de leur couleur et leur religion supposées", présentant ce ciblage comme une première en France pour un attentat terroriste.

Mercredi 28 octobre au soir, une marche blanche en hommage aux victimes s'est tenue à La Verrière, à l'endroit où une jeune fille avait été grièvement blessée. Sa mère a assuré que son enfant "continue de se battre", rapporte franceinfo.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé un hommage national à Pengo Bossio Wangi. Selon franceinfo, ni sa date ni l'éventuelle présence d'Emmanuel Macron pour le présider n'ont été précisées.

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