Brésil : Lula remporte la présidentielle, mais la droite conserve la majorité au Congrès

Lula a remporté le second tour du 25 octobre 2026 avec 51,79 % des suffrages face à Flavio Bolsonaro. Élu pour la quatrième fois à la présidence du Brésil, le dirigeant de gauche devra composer avec un Parlement dominé par ses adversaires, tandis que son rival annonce vouloir faire annuler le scrut…

Karim Bensaïd

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Un retournement électoral contesté par Bolsonaro

Le Tribunal supérieur électoral du Brésil a annoncé un score de 48,21 % pour Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, rapporte BBC News Afrique. Cette élection très tendue laisse Luiz Inácio Lula da Silva à la tête d'un pays profondément divisé. Il fête ses 81 ans ce mardi 27 octobre.

Arrivé deuxième au premier tour, Lula a renversé le rapport de force. Selon Christophe Ventura, chercheur à l'IRIS interrogé par Public Sénat, aucun candidat n'avait encore remporté la présidentielle après une deuxième place au premier tour dans l'histoire de la République brésilienne. Le chercheur estime que Lula a rassemblé environ 64 millions d'électeurs, gagnant 10 millions de voix entre les deux tours. Flavio Bolsonaro, lui, a obtenu moins de 60 millions de suffrages, soit une progression de seulement 3 millions.

Devant ses partisans réunis à Brasilia, Flavio Bolsonaro a refusé de reconnaître sa défaite et annoncé son intention de demander l'annulation de l'élection. Selon BBC News Afrique, il invoque le report de deux heures de la fermeture des bureaux de vote, alors que son propre camp avait lui aussi demandé cette prolongation.

Une majorité parlementaire aux mains de la droite

La présidentielle n'a pas donné à Lula de majorité au Congrès. Aux législatives du 4 octobre, le Parti libéral (PL) de Flavio Bolsonaro s'est imposé comme le premier parti dans chacune des deux chambres : il détient 121 des 513 sièges de députés et 28 des 81 sièges de sénateurs, selon Public Sénat.

En comptant cinq partis alliés, la droite dispose de 286 députés, soit 55,8 % de la Chambre, et de 51 sénateurs, soit 63 % du Sénat. À gauche, les effectifs sont tombés à 88 députés et 27 sénateurs. Pour Christophe Ventura, cette configuration laisse à Lula la marge de manoeuvre la plus faible de tous ses gouvernements.

Le chercheur rappelle que le Congrès peut empêcher l'adoption des projets de loi du gouvernement et bloquer les nominations de juges à la Cour suprême. Il pourrait également, en théorie, ouvrir une procédure de destitution contre Lula, comme celle engagée contre Dilma Rousseff en 2016.

Dans un entretien au Soir consacré à la longévité politique de Lula et aux obstacles des quatre prochaines années, Frédéric Louault, professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles et spécialiste de l'Amérique latine, qualifie ainsi cette victoire d'"en demi-teinte".

Forte baisse de la Bourse et du réal

La séance boursière du lundi 26 octobre, au lendemain de la réélection, a débuté par une chute de près de 17 % à São Paulo. Les échanges ont été suspendus pendant 30 minutes, rapporte Le Soir.

Le réal a également reculé : vers 13 h 10 GMT, la monnaie brésilienne perdait 10,69 % face au dollar, qui s'échangeait contre 5,5750 réais.

Un mandat à contre-courant de l'évolution régionale

La réélection de Lula fait exception dans une Amérique latine où les électeurs ont sanctionné les dirigeants sortants et privilégié la droite, selon BBC News Afrique. L'Argentine, le Chili et la Colombie sont désormais dirigés par des conservateurs ; le Brésil reste le seul grand pays d'Amérique du Sud à ne pas avoir un dirigeant de droite.

Son nouveau mandat doit commencer le 5 janvier 2027. Outre les contraintes nationales, Lula devra affronter un contexte international difficile, marqué notamment par l'hostilité de l'administration du président américain Donald Trump, rapporte BBC News Afrique.

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