Trump annonce vouloir arrêter l'aide militaire à Israël dès la fin de 2026

Donald Trump a choisi le jour des élections américaines de mi-mandat, le 3 novembre, pour annoncer sur Fox News l'arrêt de l'aide financière à Israël. Il affirme avoir obtenu l'accord de Binyamin Netanyahou pour une échéance à la fin de l'année, bien plus proche que celle envisagée par le Premier m…

Sophie Vandenberghe

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Un calendrier annoncé, des modalités encore incertaines

"Ils n'en ont pas besoin", a déclaré Donald Trump à propos d'une aide représentant près de quatre milliards de dollars par an. "Nous avons conclu un accord il y a des mois selon lequel nous arrêterions", a-t-il ajouté, en fixant l'échéance à la fin de 2026 et en assurant que Binyamin Netanyahou était "d'accord".

Cette assistance militaire est encadrée par un mémorandum d'entente signé sous l'administration Obama en 2016 et entré en vigueur en 2019. Sur les 38 milliards de dollars prévus pour dix ans, 33 milliards financent des achats d'armements au titre du programme Foreign Military Financing et 5 milliards sont destinés à la défense antimissile. L'ensemble représente environ 3,8 milliards de dollars par an.

Or, le mémorandum doit en principe rester en vigueur jusqu'en septembre 2028, rappelle CBC News. Le président américain n'a pas précisé comment les versements pourraient être interrompus dès la fin de 2026. Selon l'AFP, la date effective d'un arrêt ou d'une restructuration de l'aide demeurait incertaine après l'annonce.

Le financement dépend aussi du Congrès : une loi adoptée en 2020 l'autorise, mais la Chambre des représentants et le Sénat doivent voter chaque année les lois de crédits permettant de distribuer et de débloquer les fonds.

Le soutien à Israël au coeur du débat électoral américain

Alors que les élections de mi-mandat s'annonçaient défavorables à son camp, Donald Trump espérait en infléchir l'issue avec cette annonce de dernière minute, rapporte Le Soir. Pour justifier sa décision, il a notamment visé Abdul El-Sayed, candidat démocrate au Sénat dans le Michigan face au républicain Mike Rogers.

Opposé à une aide militaire inconditionnelle à Israël, El-Sayed pourrait devenir le premier sénateur musulman des États-Unis. Le Michigan, où vit une importante communauté musulmane, connaît un débat particulièrement vif sur le soutien américain à Israël, selon l'AFP et CBC News.

Cette question divise aussi l'électorat à l'échelle nationale. Dans un sondage de l'université Quinnipiac réalisé en juin, 48 % des électeurs américains et 66 % des démocrates jugeaient le soutien des États-Unis à Israël excessif. Ces proportions étaient respectivement de 16 % et de 20 % lorsque la question avait été posée pour la première fois, en 2017.

Netanyahou envisageait une transition plus longue

Le désaccord porte moins sur le principe d'un arrêt que sur son rythme. Selon Le Soir, face aux réticences américaines croissantes, Binyamin Netanyahou négociait une diminution progressive de l'aide afin de rendre la défense israélienne autonome. Il espérait toutefois obtenir une prolongation, même limitée, sur dix ans, et non une interruption aussi rapide.

En mai, le Premier ministre avait déjà indiqué sur CBS vouloir ramener à zéro le soutien financier américain. Puis, en octobre, il avait prévenu sur une chaîne de télévision israélienne que les dizaines de milliards de dollars d'aide à la défense qu'il avait obtenus ne seraient pas reconduits. Il appelait les Israéliens à s'y préparer, expliquant que l'Amérique avait changé.

Une annonce au lendemain d'élections israéliennes sans majorité

En Israël, les législatives du 27 octobre 2026 ont laissé la formation du prochain gouvernement en suspens. Malgré une participation de 77,7 %, la plus élevée depuis vingt ans, ni le bloc de Binyamin Netanyahou ni celui de son principal rival, Gadi Eisenkot, n'a obtenu de majorité. De longues négociations s'annoncent.

Le 3 novembre, Gadi Eisenkot a estimé que l'annonce américaine montrait que Netanyahou devait "s'en aller". Le chef du bloc rival a également jugé dangereux que l'appareil de défense israélien découvre un tel changement par les médias.

Les États-Unis sont par ailleurs engagés dans un conflit avec l'Iran. Le même jour, Donald Trump a confirmé que l'armée américaine y avait effectué de nouvelles frappes.

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