Deux tarifs revus et des réductions ciblées
À Jemeppe-sur-Sambre, le collège a choisi d'agir à la fois sur la part forfaitaire de la taxe déchets et sur la facturation au poids. Céline Moureaux a présenté les changements pour 2027 : "Le montant forfaitaire augmente pour tous les ménages de 5 €. Nous continuons à appliquer la logique du pollueur-payeur. Le prix du kilo supplémentaire passera, en 2027, de 0,34 à 0,5 cent."
La réduction accordée aux ménages comptant un enfant âgé de 0 à 3 ans passera de 15 à 20 €, avec une déduction automatique sur la facture. Le collège prévoit aussi une réduction de 0,20 €/kg lorsqu'un membre du ménage souffre d'incontinence chronique ou porte une poche de stomie.
Pour situer ces changements, le barème communal de 2026 fixait le forfait à 76 € pour une personne seule, avec 15 kg de déchets inclus ; à 138 € pour deux personnes, avec 30 kg ; à 145 € pour trois personnes, avec 45 kg ; et à 160 € pour quatre personnes ou plus, avec 60 kg. Tous ces forfaits comprenaient 12 levées. Au-delà, la commune facturait 0,34 €/kg supplémentaire et 2,50 € par levée additionnelle.
La facture correspondant à l'année 2027 doit parvenir aux habitants en 2028. Sa perception reste toutefois liée au respect du délai d'enrôlement auprès du SPW : en 2025, le collège et l'administration avaient manqué cette échéance.
Les coûts du BEP au centre du débat
Les élus de la majorité JEM ont défendu cette augmentation en rappelant avoir diminué la taxe lorsque cela leur était possible. Ils estiment cette fois devoir la relever pour respecter le "coût-vérité". Le BEP, chargé de la collecte, répercute sur les communes la hausse des salaires et du traitement des déchets, ainsi que la baisse des subsides.
Cette évolution dépasse Jemeppe-sur-Sambre. D'après les estimations du BEP rapportées par RTBF Actus, les habitants des communes namuroises paieront en moyenne environ 10 € de plus en 2027 au titre de la taxe déchets. L'intercommunale souligne cependant que les écarts entre communes peuvent être importants.
Sa directrice, Véronique Arnould, distingue quatre composantes dans la hausse des coûts de 2027. Le recul des subsides wallons représente 2 € par habitant. Le renchérissement du carburant, de l'entretien et des salaires pèse pour 5,50 à 6 € par habitant. S'y ajoutent près de 1 € par habitant de recettes en moins sur la vente de matériaux, notamment le carton, et 1,25 € par habitant pour des investissements destinés à prévenir les incendies.
Un projet de délibération du conseil communal de Florennes, daté du 19 octobre 2026, fait par ailleurs état d'une indexation annoncée par le BEP : ses tarifs de 2027 doivent progresser de 3,5 % par rapport à ceux appliqués au deuxième trimestre 2026.
Au conseil de Jemeppe-sur-Sambre, Philippe Carlier, pour le PS, a regretté l'augmentation imposée par le BEP, qu'il attribue à la diminution des subsides régionaux décidée par le gouvernement MR-Engagés.
Ce qu'impose le "coût-vérité"
Le cadre légal wallon oblige les communes à financer entre 95 % et 110 % de la gestion des déchets ménagers par des recettes spécifiques, telles que les taxes, les redevances et la vente de sacs payants. Ce mécanisme de "coût-vérité", prévu par le décret du 9 mars 2023 relatif aux déchets, fait l'objet d'un premier calcul à partir du budget prévisionnel, appelé CVB, puis d'un calcul sur les comptes clôturés, le CVR.
Selon l'État de l'environnement wallon, 257 communes sur 262 respectaient cette fourchette dans leur budget prévisionnel de 2024.
Le gouvernement wallon prépare une réforme pour mieux récompenser la réduction et le tri des déchets. Elle pourrait aboutir d'ici à la fin de 2026. Le ministre de l'Environnement envisage notamment de supprimer le lien entre l'octroi des subsides et le respect du taux de couverture de 95 à 110 %.
À Mornimont, une étude possible sur la salle à vendre
Le conseil communal a également reparlé de la salle de Mornimont. Depuis au moins deux ans, Michel Gobert (PS) demande que la commune l'achète et la rénove. Alors que l'ancien bourgmestre Jean-Luc Evrard refusait catégoriquement cette perspective, son successeur, Vincent Vanrossomme, s'est montré ouvert à une étude informative.
Michel Gobert a rappelé que le bâtiment, toujours invendu, était proposé à 185 000 €. Il a suggéré une offre de 165 000 € et demandé une analyse complète pour évaluer le coût des travaux.
Vincent Vanrossomme a précisé que cet achat ne figurait pas dans les projets de JEM et que les habitants de Mornimont louaient très peu la salle. Il a néanmoins évoqué la possibilité d'une étude approfondie "à titre purement informatif", une réponse accueillie avec satisfaction par Michel Gobert.
Une occupation temporaire pour l'ASBL INNI à Moustier
L'échevin du Bien-être animal, Axel Cambron, a présenté une convention permettant à l'ASBL INNI d'occuper l'ancien commissariat de Moustier. Cette association de protection animale gère un refuge pour chats. "Cette occupation est temporaire", a-t-il souligné.
D'après Sudinfo, l'ancien commissariat de gendarmerie de Moustier-sur-Sambre est inoccupé depuis le déménagement de la zone de police dans de nouveaux locaux aménagés sur l'ancien site de TPF Consulting. La convention avec INNI devait être soumise à ratification au conseil communal du 2 novembre 2026. Un projet-pilote consacré à l'accueil de la petite enfance est également envisagé dans le bâtiment.



