Belgique : jusqu'à 11,9 centimes de moins pour l'essence dès le 4 novembre

Les nouveaux plafonds tarifaires du SPF Économie prévoient une baisse de l'essence et du mazout de chauffage à compter du mercredi 4 novembre. Le diesel B7 reste en revanche à 2,452 euros le litre, un niveau encore proche de son record du 28 octobre.

Isabelle Renard

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Un plein de 50 litres moins cher de près de 6 euros en Super 98

Les automobilistes roulant à la Super 98 E5 bénéficieront de la réduction la plus importante : le plafond sera ramené à 2,030 euros le litre, contre 2,149 euros auparavant. Ce recul de 11,9 centimes par litre représente près de 6 euros d'économie pour 50 litres.

Pour la 95 E10, le nouveau tarif maximum sera de 1,905 euro le litre, au lieu de 1,988 euro. Avec cette baisse de 8,3 centimes, un plein de 50 litres coûtera 4,15 euros de moins.

Le mazout baisse de 5,03 centimes par litre

Les livraisons de mazout de chauffage seront elles aussi soumises à des plafonds plus bas dès le 4 novembre. À partir de 2 000 litres commandés, le maximum autorisé sera de 1,4846 euro le litre, contre 1,5349 euro jusqu'ici.

Pour les commandes de moins de 2 000 litres, le plafond sera fixé à 1,5277 euro le litre, au lieu de 1,5780 euro. La réduction sera donc identique dans les deux catégories : 5,03 centimes par litre.

Le diesel reste près de son sommet

Aucune baisse supplémentaire n'est annoncée pour le B7, dont le prix maximum reste à 2,452 euros le litre. Il a cédé quelques centimes depuis le sommet historique de 2,510 euros atteint le 28 octobre. Selon The Brussels Times, ce record avait dépassé celui du 22 septembre 2026, établi à 2,501 euros le litre.

Euronews attribue la flambée du diesel à la poursuite de la guerre au Moyen-Orient, avec notamment les attaques visant les raffineries du Golfe, ainsi qu'aux frappes ukrainiennes contre les raffineries russes. Ces attaques ont renforcé les tensions sur un marché mondial du diesel déjà sous pression. Le média rapporte que le Brent s'échangeait à 112 dollars le baril le 20 octobre 2026, contre 40 dollars avant la guerre.

La fiscalité représente par ailleurs une part importante du prix payé en Belgique. D'après les calculs réalisés en septembre 2026 par la Commission européenne et rapportés par The Brussels Times, les différentes taxes gouvernementales absorbaient 42,5 % du prix moyen du litre de diesel. La part des taxes dans le prix total n'était plus élevée qu'à Malte et en Italie.

La Belgique va libérer 260 000 barils de ses réserves

Après s'être longtemps opposé au recours aux réserves stratégiques, le gouvernement belge va en retirer 260 000 barils de diesel routier, soit 35 000 tonnes. Il rejoint ainsi, sous pression américaine, l'opération internationale coordonnée par l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Le cabinet du ministre de l'Énergie Mathieu Bihet (MR) affirme que cette décision ne compromet pas l'approvisionnement : les stocks resteront au-dessus de 90 jours de consommation. Le diesel libéré sera vendu au prix du marché en Belgique. Contrairement à ce qui est prévu en France, cette opération n'entraînera donc pas de baisse directe des prix à la pompe.

L'engagement européen porte sur 20,5 millions de barils de diesel à commercialiser d'ici à la fin janvier 2027 à partir des réserves stratégiques de onze pays. Selon un document consulté par Euronews, qui en a rendu compte le 30 octobre 2026, il réunit la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Grèce, la Lituanie, le Luxembourg, le Portugal et la Suède. Le ministre français de l'Énergie Roland Lescure a présenté cette initiative le 29 octobre, en marge de la réunion des ministres de l'Énergie à Luxembourg.

À l'échelle de l'action collective coordonnée par l'AIE, les pays participants mettent sur le marché un total de 42,6 millions de barils de pétrole et de produits raffinés, rapporte Euronews. Le diesel représente près de la moitié de ce volume.

Les analystes cités par Euronews estiment toutefois que le recours aux réserves apporte une réponse temporaire, sans résoudre les fragilités structurelles du système énergétique européen. L'organisation professionnelle FuelsEurope réclame pour sa part à Bruxelles une politique préservant la compétitivité des raffineries européennes.

Les ministres de l'Énergie de l'Union européenne doivent examiner l'avancement global de la libération des réserves lors de leur réunion du 10 décembre 2026. Ce point d'étape permettra d'évaluer la mise en œuvre des engagements avant l'échéance de janvier 2027.

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