Une première alimentation de 20 MW, une extension à partir de 2028
Les 140 GWh annuels attendus pour BRU01 représentent environ 3 % des 4 900 GWh de demande électrique estimés par Bruxelles Environnement pour la Région en 2025. Ce chiffre concerne uniquement l'électricité : toutes sources d'énergie confondues, notamment le gaz et les produits pétroliers, la consommation régionale atteignait 17 151 GWh en 2024.
Achevée à la fin de 2025, la première partie du centre doit prochainement entrer en service avec un raccordement de 20 MW. Elia prévoit de lui allouer 20 MW supplémentaires pour permettre l'ouverture d'une deuxième partie à partir de 2028.
Les autorisations de cette extension ont déjà été délivrées, indique governance.brussels : le permis d'environnement de la phase 2 date du 8 juillet 2026 et le permis d'urbanisme pour le réaménagement du 24 août 2026. Ni l'un ni l'autre ne précise publiquement la puissance électrique visée.
Selon BESIX, la conception et la construction ont été menées avec Equans dans le cadre d'un contrat de conception-réalisation. BESIX s'est chargé du gros œuvre, de la structure et de la décontamination du site, tandis qu'Equans assurait les installations techniques. Livrée en décembre 2025 après un peu plus de 19 mois de travaux, l'installation de 40 MVA répond au standard Tier III de l'Uptime Institute.
Des performances d'efficacité, mais une forte consommation de ressources
L'eau constitue l'autre ressource mobilisée par le projet. Dans sa réponse du 19 octobre 2026, relayée par BRUZZ, Audrey Henry évalue les besoins de la première phase à 140 000 m³ par an.
Cette même réponse fait état d'un PUE (Power Usage Effectiveness) inférieur à 1,2 pour la première phase, un niveau inférieur aux moyennes belge et européenne. L'indicateur WUE (Water Usage Effectiveness) est, lui, inférieur à 1. Il respecte ainsi la cible du pacte pour des centres de données climatiquement neutres applicable aux régions tempérées soumises à un stress hydrique modéré à élevé.
Lotte Stoops reconnaît une "conception efficace", avec "relativement peu d'électricité [...] perdue dans le refroidissement et les autres installations". Elle relève également que la consommation d'eau "par kilowattheure atteint la valeur cible que le secteur s'impose". Ces performances ne changent toutefois pas son appréciation de la pression totale sur les ressources, qu'elle juge "importante".
Une récupération de chaleur prévue par le permis
La chaleur fatale du centre pourrait alimenter un futur réseau de chaleur. D'après The Bulletin, qui rapporte les déclarations d'Audrey Henry, KevlinX a signé un protocole d'accord avec Sibelga en ce sens.
Le permis d'environnement fixe des obligations de conception : les installations doivent permettre de récupérer au moins 75 % de cette chaleur et un espace doit être réservé aux équipements nécessaires. Il s'agit donc d'une capacité de récupération à prévoir, et non de l'annonce d'un réseau de chaleur déjà en service.
Lotte Stoops demande un cadre pour les projets à venir
"Nous devons décider maintenant combien de tels centres de données Bruxelles peut supporter, et examiner quels investissements dans le réseau sont nécessaires", affirme Lotte Stoops. La députée constate que "Bruxelles ne dispose actuellement d'aucune stratégie pour évaluer de tels projets".
À l'échelle belge, governance.brussels rapporte une multiplication par neuf des demandes de raccordement de centres de données auprès d'Elia depuis 2022. Leurs besoins électriques sont projetés entre 7 et 15,5 TWh en 2035, contre une consommation de 3,2 TWh en 2023. Cette dernière représentait 4 % de la consommation nationale, une part deux fois supérieure à la moyenne européenne.
D'autres projets sont annoncés à Bruxelles. Selon The Bulletin, Ark Data Centre prévoit un centre de taille comparable, sans avoir précisé sa localisation. L'entreprise possède déjà un site avenue Rusatira, à Ganshoren, dont la mise en service est attendue en 2027-2028.

