Les usines belges à 73,1 % de leurs capacités, un plus bas depuis avril 2020

L'industrie manufacturière belge utilise à peine plus de sept dixièmes de ses capacités de production. Les dernières données de la Banque nationale de Belgique (BNB), relayées mercredi 28 octobre par L'Echo et De Tijd, montrent un net recul ces derniers mois, plus prononcé en Wallonie qu'en Flandre.

Marc Delcourt

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Un niveau rarement atteint depuis la fin des années 1980

Avec un taux d'utilisation de 73,1 %, les usines belges retrouvent un niveau qui n'avait plus été observé depuis avril 2020, au début de la crise du coronavirus. En moyenne, 27 % des machines sont donc à l'arrêt. Cette moindre activité traduit un affaiblissement de la demande ou des commandes attendues et accroît le risque de pertes d'emploi.

Het Nieuwsblad replace ce résultat dans l'enquête trimestrielle de la BNB : depuis le début des mesures à la fin des années 1980, seuls quatre trimestres ont affiché un taux inférieur à celui du troisième trimestre 2026. Ils correspondent à la crise du coronavirus et à la majeure partie de 2009, pendant la crise financière. Selon le quotidien flamand, le niveau du troisième trimestre 2026 se situe aussi près de 4 points de pourcentage sous la moyenne de 2021 à 2025.

La Wallonie davantage au ralenti

Les données régionales font apparaître un écart marqué : les capacités sont utilisées à 67,1 % en Wallonie, contre 75,3 % en Flandre. Aucun chiffre n'est publié par la BNB pour Bruxelles.

Le ralentissement s'accompagne d'un recul de l'emploi à l'échelle nationale. Au deuxième trimestre 2026, l'ensemble de l'industrie belge comptait 538 500 salariés, soit 8 200 de moins qu'au même trimestre de 2025.

En Wallonie, la baisse de l'emploi manufacturier s'inscrit dans une période plus longue. Les chiffres cités par RTL Info font état de 128 188 postes en 2024, contre 146 342 en 2003, soit une diminution de plus de 12 %.

RTL Info a également rapporté plusieurs annonces de fermetures et de restructurations au début de 2026 : 179 emplois supprimés à Thy-Marcinelle, la fermeture du site de Catalent à Gosselies, qui concerne 150 postes, et la suppression de 103 emplois en Belgique par le groupe verrier AGC.

Métallurgie et technologie confrontées au manque de demande

La métallurgie et la transformation du fer et de l'acier figurent parmi les activités les plus touchées, avec la fabrication de matériaux de construction et de machines.

Interrogé par la VRT, Patrick Slaets, économiste en chef d'Agoria, la fédération de la métallurgie et de la technologie, décrit une situation qu'il juge inédite : dans son secteur, le taux d'utilisation des capacités reste sous les 80 % depuis quatre ans. Il l'explique par une demande insuffisante, un sous-investissement lié aux taux d'intérêt élevés et des coûts énergétiques excessifs.

Selon Patrick Slaets, le secteur technologique belge a déjà perdu 20 000 emplois en trois ans. Il associe ces pertes à une réduction des capacités de 6 à 7 % par rapport aux niveaux d'avant-crise.

Dans la chimie, des capacités réduites et sous-utilisées

La chimie européenne connaît elle aussi une sous-utilisation de ses installations. D'après une étude du cabinet Roland Berger citée par la VRT, ses capacités ont diminué de 9 % entre 2022 et 2025. Même après cette réduction, elles ne sont utilisées qu'à hauteur de 69 à 70 %.

En Belgique, Vynova a annoncé un arrêt temporaire de sa production à Tessenderlo-Ham en raison des prix élevés de l'énergie. Cette décision expose 600 travailleurs au chômage temporaire.

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