Un projet de plus de 500 logements privés
Le permis délivré en 2023 autorisait un ensemble de plus de 500 logements privés, avec une tour de 25 étages. Selon BRUZZ, Key West, renommé "A'Rive", prévoyait dans sa version initiale 524 logements dans sept bâtiments, dont le plus haut devait atteindre 84 mètres.
L'annulation tient au non-respect des règles linguistiques lors de l'adoption du plan particulier d'affectation du sol (PPAS) qui encadrait l'aménagement du bassin Biestebroeck. Ce document avait servi de base au permis contesté par Inter-Environnement Bruxelles (IEB). Dans son compte rendu du 22 octobre 2026, BRUZZ rapporte aussi l'explication avancée par IEB : le développeur n'aurait pas publié l'ensemble des documents en français et en néerlandais. Le Conseil d'État n'a pas examiné le fond du projet.
Immobel et BPI disent "prendre acte" de l'annulation. "Nous examinons l'ensemble des options possibles afin de déterminer les suites à donner", indiquent les deux promoteurs. Ils évoquent notamment "les évolutions sociétales et économiques" intervenues depuis la conception de ce projet, dont l'histoire a commencé il y a plus de dix ans.
Le cadre urbanistique est lui aussi en cours de révision : en octobre 2026, Anderlecht a abrogé le PPAS entaché d'irrégularités linguistiques et engagé une nouvelle procédure pour le remplacer.
IEB envisage un recours contre The Dock
Le même PPAS a servi à délivrer d'autres permis, souligne IEB. Parmi eux figure celui de The Dock, un projet voisin de plus de 300 logements sur l'ancien îlot Shell, également connu sous le nom de marais Biestebroeck.
The Dock a reçu son permis en septembre 2026. IEB échange avec des associations et des riverains pour décider d'un éventuel recours.
Une partie de ce terrain est en principe protégée par l'ordonnance dite "We Are Nature", obtenue devant le tribunal de première instance par l'association du même nom. Cette décision empêche l'urbanisation des terrains de 0,5 hectare ou plus jusqu'au 31 décembre 2026.
La prolongation du moratoire débattue en appel
La Région de Bruxelles-Capitale a fait appel de cette ordonnance, rendue le 29 octobre 2025. Selon La Libre Belgique, la troisième et dernière audience s'est tenue le 2 novembre 2026 devant la cour d'appel de Bruxelles. Soutenue par 1 330 citoyens, We Are Nature y a demandé que le moratoire soit prolongé au moins jusqu'en 2030.
La Région a annoncé qu'elle ne se conformerait pas strictement au moratoire, tout en renforçant les justifications environnementales exigées pour les permis. Sa circulaire "We Are Nature", adressée aux administrations bruxelloises, demande de continuer à instruire toutes les demandes et précise qu'"aucun moratoire ne sera appliqué".
Pour les terrains de plus de 0,5 hectare, les demandeurs doivent fournir une "note climatique" exposant les mesures destinées à réduire ou à compenser l'impact de leur projet. La circulaire prévoit une exemption pour les projets inscrits dans un plan d'aménagement directeur (PAD) adopté par le Gouvernement.
La cour d'appel doit rendre son arrêt au plus tard le 4 janvier.





