La collecte accélère dans la gestion de fortune
Publiés le 28 octobre, les résultats trimestriels d'UBS affichent une progression moins rapide qu'aux trimestres précédents. L'augmentation du bénéfice net se limite à 8 % en raison de la hausse de la fiscalité. Avant impôts, la croissance atteint toutefois 27 %, un niveau conforme aux attentes de Test Achats.
La gestion de fortune reste le principal moteur de cette performance : son bénéfice brut augmente de 42 %. Les nouveaux avoirs nets confiés à la division atteignent 55,1 milliards de dollars, contre 35,5 milliards au deuxième trimestre et 37,4 milliards au premier. Le rythme de croissance annualisé s'établit ainsi à 4,5 %. La collecte est positive dans toutes les régions, avec des apports particulièrement élevés en Asie-Pacifique, à 17,9 milliards de dollars, et dans les Amériques, à 16,7 milliards.
Les indicateurs publiés par UBS au 30 septembre 2026 font également état d'un ratio charges/produits de 72,3 %, contre 77,0 % un an auparavant. Le rendement sur fonds propres CET1 ressort à 14,8 %, ou 16,7 % en sous-jacent. À cette même date, le ratio de fonds propres CET1 atteint 14,7 % et le ratio de levier CET1, 4,6 %.
L'intégration de Credit Suisse avance
UBS vise désormais 13,7 milliards de dollars d'économies liées à l'intégration de Credit Suisse d'ici fin 2026, contre 13,5 milliards auparavant. Test Achats voit dans cette révision un signe de maîtrise du rapprochement et un soutien attendu aux marges.
Le chantier informatique approche lui aussi de son terme. Selon UBS, au 30 septembre, presque toutes les applications héritées de Credit Suisse dont l'arrêt était prévu avaient cessé d'être utilisées. Environ 90 % avaient déjà été entièrement désactivées. La banque estime que l'intégration reste en bonne voie pour être achevée d'ici la fin de 2026.
Le capital supplémentaire au centre des inquiétudes
Ces avancées opérationnelles ne dissipent pas l'incertitude réglementaire. Le renforcement envisagé des exigences suisses obligerait UBS à immobiliser davantage de fonds propres et pourrait donc réduire les ressources disponibles pour les dividendes et les rachats d'actions. Pour Test Achats, cette perspective freine la progression du titre.
UBS a chiffré les conséquences de la proposition le 22 avril 2026. Selon son estimation, déduire intégralement les participations étrangères des fonds propres CET1 d'UBS SA nécessiterait environ 20 milliards de dollars de capital CET1 supplémentaire dans cette entité. Quelque 2 milliards liés à la nouvelle Ordonnance sur les fonds propres s'y ajouteraient. Ce besoin de 22 milliards porterait le ratio CET1 consolidé d'UBS Group AG à au moins 18,4 %.
En tenant aussi compte des quelque 15 milliards de dollars supplémentaires déjà annoncés du fait de l'acquisition de Credit Suisse, la banque évalue le besoin total à près de 37 milliards de dollars de fonds propres CET1 additionnels. Elle en estime le coût annuel à environ 3 milliards de dollars.
Un calendrier réglementaire et politique encore en cours
Les différentes mesures ne suivent pas toutes le même calendrier. D'après les documents publiés par le Conseil fédéral suisse le 22 avril 2026, les modifications de l'Ordonnance sur les fonds propres entrent en vigueur le 1er janvier 2027. Les dispositions concernant le traitement des logiciels inscrits à l'actif doivent, elles, être mises en œuvre au 1er janvier 2029. Pour les participations étrangères, la déduction envisagée serait progressive sur sept ans : 65 % la première année, puis une hausse de 5 points de pourcentage par an jusqu'à 100 %.
Fin octobre, une commission parlementaire examinait les nouvelles règles applicables à UBS, avant leur présentation prévue en décembre à la séance plénière de la chambre basse. Selon Zonebourse, la chambre haute avait proposé en septembre des règles jugées inacceptables par la banque. Le président d'UBS a averti que des exigences trop strictes conduiraient le groupe à examiner attentivement son avenir en Suisse. Certains actionnaires ont, de leur côté, appelé à un départ du pays.
Le débat porte aussi sur les effets possibles pour l'économie suisse. Dans une étude citée par UBS le 22 avril, l'institut indépendant BAK Economics estime que la déduction intégrale des participations étrangères des fonds propres CET1 pourrait affecter le coût de l'emprunt et l'offre de crédit. Selon cette estimation, ces effets pourraient entraîner une perte cumulée de produit intérieur brut allant jusqu'à 34 milliards de francs sur dix ans, ainsi qu'une baisse durable des investissements, de l'emploi et des recettes fiscales.
Les objectifs de distribution pour 2027 attendus en février
UBS a néanmoins accéléré le calendrier de son programme de rachats en cours. Après avoir racheté pour 1,8 milliard de dollars d'actions pendant le trimestre, la banque prévoit de boucler son programme de 3 milliards dès février 2027, lors de la publication des résultats du quatrième trimestre. Elle visait auparavant la mi-2027.
La banque indique aussi avoir constitué des provisions pour une augmentation du dividende de l'ordre de 15 %. Elle n'a toutefois pas encore précisé ses ambitions de dividendes et de rachats d'actions pour 2027.
Face aux incertitudes sur les besoins de capital supplémentaires, Test Achats maintient son conseil de conserver l'action, sur la base d'un cours de 39,24 CHF au moment de son analyse. UBS présentera ses objectifs de restitution de capital pour 2027 en février 2027, en même temps que ses résultats du quatrième trimestre et de l'ensemble de l'exercice 2026.






