Des affectations concentrées dans les territoires en difficulté
Le Collège national des généralistes enseignants précise que 2 682 docteurs junior ont commencé leur stage le 2 novembre. Environ 600 autres sont attendus à partir de mai 2027 : une partie d'entre eux n'a pas pu soutenir sa thèse à temps.
Les affectations dans les territoires en grande difficulté d'accès aux soins concernent, selon le ministère, les zones d'intervention prioritaires (Zip), les zones d'action complémentaire (Zap) et les quartiers classés politique de la ville (QPV).
La répartition présentée par l'AFP, dans une dépêche reprise par Boursorama, comprend notamment 400 docteurs junior en Île-de-France, 241 en Occitanie et 102 en Centre-Val de Loire. Dans cette dernière région, tous les terrains de stage se trouvent dans des zones où l'offre médicale est insuffisante, précise La Croix.
Des consultations encadrées pendant un an
Au cours de ce stage professionnalisant, les docteurs junior peuvent recevoir des patients en consultation, dispenser des soins et suivre des maladies chroniques. Leur activité reste placée sous la responsabilité d'un maître de stage. Ils exercent généralement dans un cabinet libéral, une maison de santé pluriprofessionnelle ou un centre de santé.
D'après JIM, leur temps de travail doit atteindre au moins dix demi-journées par semaine, cette moyenne étant calculée sur le trimestre. Ce volume comprend une demi-journée de formation universitaire et une demi-journée de travail personnel. La participation à la permanence des soins ambulatoires n'est pas obligatoire.
Un cursus désormais porté à dix ans
Avec cette quatrième année de médecine générale, issue d'une réforme adoptée en 2022, la formation dure désormais dix ans au lieu de neuf. Sa durée rejoint ainsi celle du cursus des médecins spécialistes.
La Croix rappelle que cette évolution prolonge une réforme du troisième cycle engagée en 2016. Celle-ci avait instauré une quatrième année, appelée "phase de consolidation", mise en place dès 2017 dans les spécialités autres que la médecine générale. Le statut de docteur junior a été créé par décret ; l'extension de l'année supplémentaire à la médecine générale est intervenue en 2023.
Les internes restent réservés sur l'effet du dispositif
La France compte environ 100 000 généralistes en exercice, selon les statistiques officielles rapportées par l'AFP. Pourtant, quelque 6,7 millions de Français restent sans médecin traitant, soit 11 % de la population. Dans certaines zones, cette proportion atteint un quart des habitants.
Le syndicat des internes de médecine générale Isnar-IMG ne prévoit qu'"un petit impact" dans les déserts médicaux. "Ça ne révolutionnera pas l'accès aux soins", estime l'organisation, qui souligne que rien ne garantit l'installation durable des jeunes praticiens dans ces territoires.






