Activité physique et alimentation : une étude de l'UCLouvain relève des effets différents selon le sexe

Les femmes tirent davantage de bénéfices de l'activité physique, tandis que la sédentarité affecte moins leur santé que celle des hommes, selon une étude de l'UCLouvain. Ces travaux, consacrés aux inégalités de santé, portent sur environ 25 000 personnes de plus de 50 ans dans douze pays européens.

Lucas Michiels

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Des écarts dans les habitudes et leurs effets sur la santé

Le manque d'activité physique est associé à une détérioration plus marquée de la santé masculine. Pour l'alimentation, l'étude relève une autre différence : une consommation insuffisante de fruits et légumes pénalise davantage les femmes.

Dans la population étudiée, les hommes pratiquent pourtant plus souvent un sport : 34 % en font plus d'une fois par semaine, contre 25 % des femmes. À l'inverse, la consommation quotidienne de fruits et légumes concerne 82 % des femmes et 72 % des hommes.

Les travaux citent également d'autres données récentes sur l'activité physique et le risque coronarien. Selon ces données, rapportées par 7sur7 à partir de Belga, une réduction de 30 % du risque de maladie coronarienne nécessite 250 minutes d'activité physique modérée ou vigoureuse par semaine chez les femmes, contre 530 minutes chez les hommes.

Trois indicateurs pour évaluer l'état de santé

Publiée dans Social Science & Medicine, l'étude a été dirigée à l'UCLouvain par la professeure Sandy Tubeuf et Alexia Bigorne. Doctorante en santé publique auprès de Sandy Tubeuf, cette dernière étudie les inégalités des chances en matière de santé entre femmes et hommes.

Les chercheuses ont analysé des données de l'enquête européenne SHARE (Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe), détaille La Libre Belgique. L'échantillon réunit environ 14 000 femmes et 11 000 hommes, tous âgés de plus de 50 ans et répartis dans douze pays européens.

Pour évaluer les bénéfices en matière de santé, Alexia Bigorne a élaboré un score combinant trois éléments : l'appréciation que chaque personne porte sur sa propre santé, l'existence ou non d'une maladie chronique et les limitations rencontrées au quotidien.

Le poids du milieu social et de l'activité physique

Les facteurs qui contribuent le plus aux différences d'état de santé ne sont pas les mêmes selon le sexe. Chez les femmes, le milieu socio-économique dans lequel elles ont grandi arrive en tête. Chez les hommes, c'est la fréquence de l'activité physique, rapporte 7sur7 sur la base de Belga.

L'étude rappelle aussi le paradoxe de la longévité féminine. Les femmes ont généralement une espérance de vie supérieure à celle des hommes, mais elles tendent à être en moins bonne santé et à vivre plus longtemps dans ces conditions.

Une adaptation des politiques de santé proposée

Alexia Bigorne préconise de mieux différencier les politiques de santé publique selon le genre, indique La Libre Belgique. Elle prend pour exemple les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé sur l'alcool : le seuil de consommation hebdomadaire à ne pas dépasser diffère déjà entre les deux sexes.

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