Prévention des IST chez les étudiants : une approche globale au-delà du préservatif
Un étudiant qui glisse systématiquement un préservatif dans sa poche avant une soirée a fait un premier pas important en matière de prévention des infections sexuellement transmissibles. Mais ce geste, aussi essentiel soit-il, ne suffit pas à garantir une protection complète.
Dans sa brochure destinée aux milieux festifs, l'association O'Yes, fondée en 2009 et anciennement connue sous le nom de SIDA'SOS, insiste sur une approche globale de la santé sexuelle. L'organisation, qui a élargi son champ d'action de la prévention du VIH à l'ensemble des questions de santé sexuelle en 2011, rappelle que la prévention commence bien avant le rapport sexuel et se prolonge après.
Parmi les mesures recommandées figurent le dépistage régulier, la vérification du statut vaccinal contre certaines infections, notamment les papillomavirus et l'hépatite B, ainsi que la discussion ouverte sur la santé sexuelle avec ses partenaires. Cette approche multidimensionnelle permet de ne pas concentrer toute la responsabilité de la prévention sur le seul usage du préservatif.
Un contexte épidémiologique préoccupant
Ces recommandations interviennent dans un contexte sanitaire alarmant. Entre 2014 et 2018 en Belgique, les diagnostics d'IST ont connu une progression spectaculaire : l'incidence de la chlamydia a augmenté de 53%, celle de la gonorrhée de 152% et celle de la syphilis de 192% pour 100 000 habitants.
La chlamydia demeure l'infection sexuellement transmissible la plus fréquemment diagnostiquée en Belgique, représentant 57,4% des cas d'IST signalés par le réseau de médecins généralistes sentinelles entre 2015 et 2020. Les données épidémiologiques révèlent par ailleurs que 83,6% des patients diagnostiqués avec une IST durant cette période avaient moins de 30 ans, soulignant la vulnérabilité particulière de la population étudiante.
Au niveau européen, les chiffres publiés en mai 2026 par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies confirment cette tendance inquiétante. Les infections sexuellement transmissibles ont atteint des niveaux records en 2024, avec 106 331 cas de gonorrhée enregistrés, soit une hausse de 303% depuis 2015, et 45 577 cas de syphilis.
La PrEP, un outil complémentaire
O'Yes mentionne également la PrEP, le traitement préventif post-exposition qui permet de prévenir le VIH. En Belgique, ce traitement à base de ténofovir et d'emtricitabine est principalement accessible dans des cliniques spécialisées dans le VIH. Il peut être pris quotidiennement ou selon un schéma événementiel chez les hommes cisgenres et les femmes trans ne prenant pas d'hormones à base d'estradiol.
L'association insiste toutefois sur une limite importante : la PrEP ne protège que contre le virus de l'immunodéficience humaine et ne constitue en aucun cas une protection contre l'ensemble des infections sexuellement transmissibles. Cette précision est d'autant plus importante que les cas de gonorrhée touchent de manière disproportionnée certains groupes de population, tandis que la syphilis connaît une augmentation soutenue tant chez les hommes que chez les femmes hétérosexuels depuis 2021.
Des vaccins accessibles
Concernant la vaccination, la Belgique a mis en place depuis 1999 une vaccination universelle contre l'hépatite B pour tous les nourrissons, enfants et adolescents, avec des programmes de rattrapage pour les jeunes âgés de 10 à 13 ans. Pour le papillomavirus humain, la vaccination est gratuite pour tous les adolescents de 13 à 14 ans, quel que soit leur genre, via les services de santé scolaire ou les médecins généralistes. Cette gratuité s'étend jusqu'à l'âge de 19 ans pour les vaccinations effectuées par un médecin généraliste.
En promouvant une stratégie de prévention qui combine plusieurs outils, l'association O'Yes rappelle que la santé sexuelle repose sur une responsabilité partagée et une information complète, particulièrement cruciale dans les milieux festifs étudiants où les comportements à risque peuvent être plus fréquents.






