Ebola en RDC : le bilan dépasse 5 000 morts, des essais contre Bundibugyo en cours

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a fait plus de 5 000 morts, selon le bilan rapporté le 30 octobre 2026 par Le Soir, qui fait état de 10 060 cas enregistrés. Alors que le virus Bundibugyo circule depuis mai, aucun traitement n'est encore homologué contre cette souche.

Lucas Michiels

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L'Ituri au centre de l'épidémie

Le bilan publié par Le Soir dépasse celui du 25 octobre, date à laquelle les autorités sanitaires congolaises, citées par l'ONU, dénombraient 4 887 décès pour 10 060 cas confirmés. Le taux de létalité s'établissait alors à 48,6 %, et 2 684 personnes avaient guéri.

L'Ituri concentrait environ 71 % des cas du pays : cette province comptait 7 211 cas confirmés et 3 370 morts. Au Nord-Kivu, les autorités recensaient 2 309 cas et 1 293 décès. D'après les données de l'ONU et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), arrêtées entre le 20 et le 25 octobre, l'épidémie avait touché 66 zones de santé dans huit provinces depuis son apparition en mai 2026.

La propagation concerne notamment le nord et l'est de la RDC, où des années de conflits limitent le contrôle exercé par l'État. Le pays reste le plus touché par l'épidémie actuelle, dont l'endiguement en Afrique s'annonce complexe, avertit l'OMS.

Selon l'organisation, il s'agit de la plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée en RDC, toutes souches confondues, et de la deuxième flambée documentée de Bundibugyo dans le pays après celle de 2012. Les deux précédentes flambées de ce virus, en Ouganda en 2007 puis en RDC en 2012, avaient présenté des taux de létalité respectifs de 30 % et 50 %.

Plusieurs pistes vaccinales et thérapeutiques à l'étude

À Bunia, dans la province de l'Ituri, l'OMS et les autorités congolaises ont lancé le 23 octobre l'essai vaccinal "Tumaini", dont le nom signifie "espoir" en swahili. Cet essai pivot de phase 2/3 doit évaluer deux candidats-vaccins conçus spécifiquement contre Bundibugyo. Quatre participants ont reçu une première vaccination le jour du lancement, dans le cadre d'un protocole de vaccination en anneau. Les premiers résultats pourraient nécessiter plusieurs mois.

Un autre essai avait commencé fin septembre à Bunia, auprès du personnel de première ligne, avec Ervebo. Ce vaccin est homologué contre la souche Zaïre, mais pas contre Bundibugyo. Environ 20 000 personnes doivent participer à l'étude en Ituri et au Nord-Kivu, sur neuf à douze mois. La RDC avait reçu 70 000 doses en août 2026. Le 19 août, le groupe consultatif SAGE de l'OMS avait estimé que les données ne suffisaient pas à établir une protection cliniquement significative chez l'humain contre Bundibugyo.

La recherche porte aussi sur les traitements. Selon l'ONU, l'essai thérapeutique PARTNERS recrutait dès août dans trois centres de l'Ituri et incluait déjà plus de cinquante patients atteints d'une infection confirmée. Un autre essai évaluait l'antiviral oral obeldesivir en prophylaxie post-exposition auprès de plus de 25 personnes fortement exposées.

En amont de ces travaux, le premier vaccin spécifiquement conçu contre Bundibugyo, développé par l'Université d'Oxford et le Serum Institute of India, était entré en phase 1 au Royaume-Uni le 24 juillet 2026. Un candidat de Moderna devait, lui, commencer sa phase 1 au Canada début août.

Des cas signalés dans cinq pays

Depuis la déclaration de la flambée le 15 mai 2026, l'OMS a recensé des cas en RDC, en Ouganda, en France, au Kenya et au Nigeria. Ce dernier est devenu le cinquième pays touché après la confirmation, le 20 octobre, d'un cas importé dans le Territoire de la capitale fédérale, à Abuja. Le patient avait voyagé depuis l'Ouganda.

Au Kenya, le premier cas importé confirmé avait été notifié le 6 octobre chez un homme arrivé de RDC via l'Ouganda. Au 20 octobre, le pays comptait neuf cas, dont un décès. Les huit autres personnes infectées étaient toutes des contacts du premier patient : quatre membres de sa famille et quatre soignants. À cette date, l'OMS ne relevait aucune preuve d'une transmission communautaire plus large.

Dans son évaluation du 14 août 2026, l'OMS jugeait le risque "très élevé" en RDC et "élevé" dans les pays ayant une frontière terrestre avec elle. Elle le classait en revanche comme "faible" pour le reste de la région africaine et à l'échelle mondiale. L'organisation déconseille toute restriction des voyages ou du commerce avec les pays touchés.

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