À Sézanne, un rendez-vous le 5 novembre pour prévenir l'ostéoporose

Le Prétoire accueillera le jeudi 5 novembre 2026, de 14 à 18 heures, une rencontre ouverte à tous, gratuite et sans inscription. La CPTS Sud Marne y réunira des professionnels pour parler de santé osseuse avant les premières fractures, avec une conférence, des stands et un appartement témoin.

Lucas Michiels

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Sensibiliser les femmes comme les hommes

La Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Sud Marne organise cette rencontre avec le Centre de ressources territorial du Sud-Ouest marnais et Infos Seniors Marne. Pour sa coordinatrice, Fanny Doré-Roth, l'objectif est clair : "Le but, c'est de ne pas attendre que ça se casse". L'ostéoporose se caractérise par une diminution de la densité osseuse.

Une histoire familiale a nourri cette initiative. Fanny Doré-Roth raconte que sa cousine a découvert la maladie à 55 ans, après s'être fracturé une côte simplement en se retournant dans son lit. Elle bénéficiait pourtant d'un suivi médical, sans que la question de sa santé osseuse ait été abordée.

La coordinatrice souhaite aussi rappeler que les hommes sont concernés et qu'il est possible d'agir bien avant le grand âge : "Dès 40-50 ans, on peut déjà agir en amont pour les 20, 30 années qui vont venir." Selon la professeure Véronique Breuil, rhumatologue au CHU de Nice, citée par Nice-Matin le 20 octobre 2026, l'ostéoporose touche, après 50 ans, une femme sur trois et un homme sur cinq. Chez les femmes, la baisse des œstrogènes accélère la perte osseuse dans les deux à trois années suivant la ménopause.

La maladie peut donc être présente avant 60 ans. Le Groupe de recherche et d'information sur les ostéoporoses (GRIO), cité par l'Est Républicain le 20 octobre 2026, indique que 15 % des femmes de 50 à 59 ans en sont déjà atteintes. La Journée mondiale de l'ostéoporose, fixée au 20 octobre, a également été l'occasion, en 2026, de publications de sensibilisation à cette maladie dite "silencieuse".

Des fractures fréquentes, un traitement encore peu répandu

À l'échelle française, environ 400 000 fractures par an sont attribuées à l'ostéoporose, et 200 000 d'entre elles conduisent à une hospitalisation. Ces chiffres figurent dans une synthèse des rhumatologues Béatrice Bouvard et Erick Legrand, du CHU d'Angers, publiée le 6 octobre 2025 dans La Revue du Praticien.

Cette publication estime à près de 7 milliards d'euros par an le coût sociétal de la maladie en France, soit environ 2,6 % des dépenses de santé. Ce montant comprend les soins ambulatoires, les hospitalisations, les rééducations, les chirurgies et les institutionnalisations. À incidence inchangée, le seul vieillissement de la population entraînera une hausse de 25 % du nombre de fractures ostéoporotiques d'ici à 2035, selon la même synthèse.

Après une fracture de hanche, une femme sur six et un homme sur quatre meurent dans l'année suivante, rapporte La Revue du Praticien. Chez les hommes, cette mortalité est environ trois fois celle de patients du même âge n'ayant pas subi de fracture.

La prise en charge médicamenteuse reste limitée : en France, moins de 15 % des patients ayant récemment subi une fracture à faible traumatisme reçoivent un traitement antiostéoporotique. L'étude française FRACTOS relève également un écart entre les sexes. Parmi les personnes hospitalisées pour une fracture ostéoporotique, 4,6 % des hommes ont reçu un traitement spécifique dans les douze mois suivants, contre 20,8 % des femmes.

Au Prétoire, des échanges et des conseils pour le quotidien

Le programme débutera à 14 heures par une conférence animée par Pauline Combes, rhumatologue au centre hospitalier d'Épernay, et une sage-femme. Le public pourra ensuite passer d'un stand à l'autre à son rythme et interroger les professionnels présents.

Les échanges porteront notamment sur l'alimentation et l'activité physique adaptée. Pour préserver le capital osseux, les recommandations rapportées par La Revue du Praticien le 6 octobre 2025 prévoient de 2 à 4 heures d'activité physique par semaine et environ 1 000 mg de calcium par jour. Cet apport peut notamment être atteint en consommant trois produits laitiers quotidiennement.

L'aménagement du logement aura aussi sa place dans la rencontre. Un appartement témoin permettra d'aborder les moyens de sécuriser son intérieur pour conserver son autonomie. Les visiteurs pourront également se renseigner sur les aides à l'aménagement.

L'information se poursuivra au-delà de ce rendez-vous : à partir du 5 novembre, les cabinets médicaux du territoire diffuseront un livret de prévention conçu par la CPTS. Fanny Doré-Roth souhaite ainsi rendre ces renseignements disponibles là où les habitants en ont besoin.

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