Un dernier appel électoral entre bilan et promesses
Devant le bassin dont il a supervisé la rénovation, le président américain a appelé ses partisans à se mobiliser pour des élections qu'il juge les plus importantes "de notre vie". Il a attaqué les candidats démocrates, qualifiés d'"extrémistes" et de "dangereux", et défendu son bilan : "J'ai tenu plus de promesses que je n'en ai fait", a déclaré le milliardaire de 80 ans.
Ce bilan est pourtant contesté par les Américains, selon les sondages : ils lui reprochent de ne pas avoir réduit le coût de la vie et d'avoir engagé une guerre en Iran, à rebours de ses engagements de campagne présidentielle. Pendant son discours, Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient remporté cette guerre. USA TODAY souligne toutefois que le détroit d'Ormuz reste fermé au trafic commercial, une situation qui fait varier les prix du pétrole et de l'essence et nourrit l'inquiétude des électeurs.
Le président a également renouvelé une promesse conditionnée à une victoire républicaine. Selon USA TODAY, chaque adulte américain recevrait un chèque de 5 000 dollars, baptisé "Trump Dividend", si son parti conservait les deux chambres du Congrès.
Les démocrates en position favorable à la Chambre
La totalité des sièges de la Chambre des représentants est renouvelée mardi. Les démocrates sont favoris pour y reconquérir la majorité, dans un scrutin de mi-mandat souvent considéré comme un jugement sur le président. Le parti au pouvoir à la Maison Blanche subit historiquement des pertes au Congrès lors de ces élections.
Les projections du Cook Political Report, organisme non partisan cité par USA TODAY, donnent l'avantage aux démocrates dans 222 circonscriptions, alors que 218 sièges suffisent pour obtenir la majorité. Parmi les 18 circonscriptions où l'issue est jugée indécise, 14 sont aujourd'hui détenues par les républicains.
Une majorité démocrate à la Chambre permettrait au parti d'ouvrir des enquêtes parlementaires portant notamment sur des soupçons de corruption au sein de l'administration Trump et sur le dossier Epstein.
Au Sénat, des gains nécessaires dans les États républicains
Le renouvellement de 35 des 100 sièges du Sénat laisse davantage d'incertitude. Les démocrates doivent garder tous leurs sièges actuels et prendre au moins quatre sièges aux républicains pour obtenir la majorité. Ils comptent notamment sur James Talarico au Texas et Adam Hamilton au Kansas : les deux candidats tenaient lundi des rassemblements dans ces États traditionnellement conservateurs.
Les sondages New York Times/Siena publiés le 1er novembre placent les candidats démocrates devant leurs adversaires au Kansas, dans le Maine, dans l'Ohio et au Texas, des États actuellement représentés par des républicains. Les démocrates disposent aussi d'une courte avance en Alaska, tandis que les deux camps sont à égalité dans l'Iowa.
Dans les sept États-clés couverts par cette enquête, 38 % seulement des électeurs probables approuvent l'action de Donald Trump. Il avait pourtant remporté cinq de ces États avec une large avance deux ans auparavant.
Le Reflecting Pool, longuement évoqué malgré les controverses
L'événement de lundi marquait la réouverture officielle du Lincoln Memorial Reflecting Pool après un chantier long et chaotique. Selon l'Associated Press et USA TODAY, Donald Trump a parlé du bassin pendant plus de vingt minutes avant d'aborder les élections, au cours d'une allocution de près d'une heure. Il a même plaisanté sur son souhait de donner son propre nom au lieu, rapporte l'Associated Press.
Les contrats du chantier font apparaître des montants supérieurs à l'estimation annoncée par le président. D'après l'analyse des données fédérales menée par USA TODAY, Atlantic Industrial Coatings avait obtenu un contrat de près de 6,9 millions de dollars dès le 3 avril 2026. Vingt jours plus tard, Donald Trump présentait publiquement le projet en évoquant un coût de 1,5 million de dollars. Green Water Solutions a, de son côté, reçu un contrat de plus de 1,7 million de dollars sans appel d'offres.
Le président a de nouveau attribué les dégâts du bassin à des vandales lundi. Or, selon USA TODAY, la procureure fédérale pour le district de Columbia, Jeanine Pirro, avait indiqué dans un document judiciaire que "les dommages résultaient d'une installation bâclée et non d'un acte de vandalisme".
Ces projets présidentiels suscitaient déjà un mécontentement important cet été. Dans un sondage Washington Post-Ipsos de juillet 2026 cité par USA TODAY, 65 % des Américains se déclaraient mécontents ou contrariés par trois priorités de Donald Trump : le Reflecting Pool, la salle de bal et l'arc de triomphe.






