Législatives en Israël : Sami Abu Shehadeh reste en campagne malgré son retrait

À deux jours des législatives du 27 octobre 2026, Sami Abu Shehadeh poursuit sa campagne en Galilée pour la Liste unifiée, sans être lui-même candidat. La Cour suprême a rétabli les deux principales listes arabes dans la course, mais sa position sur son inéligibilité l'a conduit à se retirer.

Camille Wouters

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Sur le marché, au contact des électeurs

Sami Abu Shehadeh va à la rencontre de potentiels électeurs arabes sur un marché de Galilée, dans le nord d'Israël. Il porte des lunettes de soleil opaques et circule parmi les vêtements exposés sur les stands. Sa petite équipe l'accompagne, tandis que ses communicants filment sans interruption.

Il fait campagne pour la Liste unifiée, également appelée Joint List, qui réunit Balad, Hadash et Ta'al, soit trois des quatre partis arabes du pays. Dirigée par Yousef Jabareen, cette alliance avait obtenu cinq sièges aux élections de 2022, selon l'IMEU (Institute for Middle East Understanding).

Deux listes rétablies, une candidature retirée

Le maintien de ces listes dans le scrutin a été contesté. Le 23 septembre 2026, la Commission électorale centrale israélienne a voté l'exclusion de la Liste unifiée et de la Liste arabe unie (Ra'am). Sa décision visait aussi, à titre individuel, Sami Abu Shehadeh et le député du Hadash Ofer Cassif. Comme le rapporte The Times of Israel, toutes les listes à majorité arabe se trouvaient ainsi écartées des élections du 27 octobre.

Dans le cas de Sami Abu Shehadeh, la demande de disqualification émanait d'Otzma Yehudit, le parti d'extrême droite d'Itamar Ben Gvir. Elle portait sur un article publié le 8 octobre 2023, au lendemain de l'attaque du 7 octobre.

La Cour suprême a annulé l'exclusion des deux listes le 2 octobre 2026 et permis à Ofer Cassif de se représenter, selon RFI. Pour Sami Abu Shehadeh, elle a toutefois indiqué qu'elle penchait en faveur d'une validation de son inéligibilité. Il a alors retiré sa candidature.

Deux offres électorales distinctes

Ra'am, le quatrième parti arabe, a choisi de ne pas intégrer la Liste unifiée. Cette formation présente pour la première fois un candidat juif : Yoav Segalovich, général de brigade de police à la retraite, figure en deuxième position sur sa liste.

Les projections d'avant-scrutin rapportées par l'Arab Center for Research and Policy Studies (Doha Institute) créditent la Liste unifiée de huit à neuf sièges à la Knesset et Ra'am de quatre à cinq sièges.

L'accès à la représentation parlementaire exige au moins 3,25 % des suffrages exprimés. Sur les 38 listes en compétition le 27 octobre, une douzaine seulement devraient atteindre ce seuil, selon les projections.

Le refus d'alliances dans le camp anti-Netanyahou

Selon l'Arab Center for Research and Policy Studies, les formations opposées à Benyamin Netanyahou, à l'exception du parti Les Démocrates, excluent de faire entrer un parti arabe dans une coalition gouvernementale. Elles refusent également qu'un gouvernement dépende du soutien de partis arabes pour rester au pouvoir.

La publication des résultats officiels du scrutin est prévue le 4 novembre 2026, d'après l'IMEU.

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