Législatives en Israël : le bloc Netanyahou en tête, mais sans majorité

Binyamin Netanyahou conserve une avance sur l'opposition centriste de Gadi Eisenkot dans les projections publiées mercredi 28 octobre. Avec environ deux tiers des suffrages dépouillés, son bloc obtiendrait 54 sièges, contre 48 pour ses adversaires. Aucun des deux camps ne réunit les 61 députés néce…

Camille Wouters

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Des projections encore provisoires

Les premières estimations, établies après le décompte d'environ 66 % des voix, placent le Likoud, parti de droite du Premier ministre, au premier rang de la Knesset avec 27 sièges. Yashar, la formation de Gadi Eisenkot, ancien chef de l'armée israélienne, en obtiendrait 21, tandis que la coalition des partis arabes en compterait 18.

D'autres résultats partiels du Comité central des élections, rapportés par The Times of Israel, attribuent 19 sièges aux deux formations à dominante arabe, Raam et la Liste unifiée. Ce serait un record : elles disposent de 10 sièges dans l'assemblée sortante et n'en avaient jamais remporté plus de 15.

The Times of Israel fait également état d'une projection d'environ 53 sièges pour le bloc Netanyahou. Celui-ci en détenait 68 dans la Knesset sortante : son recul serait donc de l'ordre d'une quinzaine de sièges.

Les alliances au coeur de la formation du gouvernement

Si les estimations se confirment, le camp centriste ne pourra constituer une majorité sans s'entendre avec les partis arabes. Plusieurs formations de l'opposition ont pourtant déjà écarté une telle alliance. Netanyahou défend, de son côté, un gouvernement de droite radicale dont les partis arabes seraient exclus.

Faute de majorité apparente dans cette assemblée de 120 membres, les négociations devraient occuper les prochaines semaines. Le scrutin engage la survie politique du Premier ministre. Selon 20 Minutes, un échec de Netanyahou comme d'Eisenkot à rassembler une majorité pourrait conduire à de nouvelles élections d'ici au printemps 2027. Le président Isaac Herzog a demandé aux partis d'éviter cette issue.

Un accord d'union nationale a déjà permis de sortir d'une élection sans majorité claire en Israël, rappelle 20 Minutes. En 1984, le Likoud de Yitzhak Shamir et l'Alignement de Shimon Peres s'étaient entendus pour gouverner ensemble, avec une alternance convenue à la tête du gouvernement.

Une forte participation et des accusations sans preuves

Le vote du 27 octobre 2026 a mobilisé 77,7 % des électeurs, un niveau inédit depuis plus de vingt ans en Israël. Isaac Herzog a salué cette participation comme un "insigne d'honneur" pour la société israélienne. La BBC rappelle qu'il s'agissait des premières législatives depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et les guerres qui ont suivi à Gaza, au Liban et en Iran.

Le 28 octobre, le Likoud a accusé les partis arabes d'avoir volé l'élection, sans apporter de preuves. Il leur reproche d'avoir eu recours à la corruption, aux menaces, à la violence, à des falsifications et à des logiciels interdits pour influencer les électeurs. Le Comité central des élections a annoncé que ces accusations seraient examinées lors du contrôle post-électoral.

Des bulletins restent à compter avant les consultations

Selon The Times of Israel, entre 430 000 et 480 000 bulletins dits "double enveloppe" restaient à dépouiller à partir de jeudi à 1 heure. Principalement déposés par des soldats, des prisonniers et des diplomates en poste à l'étranger, ils devaient être comptés d'ici jeudi soir. Ces suffrages pourraient faire évoluer le nombre de sièges attribués à chaque parti, mais pas l'équilibre entre les blocs.

Les médias israéliens annoncent les résultats définitifs pour jeudi soir ou vendredi matin. Isaac Herzog consultera ensuite les dirigeants des différents partis, puis chargera l'un d'entre eux de tenter de réunir une coalition gouvernementale.

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