Des tirs face à une paroi rocheuse
L'AFP a recueilli auprès de sources proches du dossier la confirmation de cette fusillade, révélée par La Provence. Selon une source proche de l'enquête, plusieurs dizaines de personnes encagoulées auraient participé au tournage dans ce secteur bordant les collines des Calanques. Elles auraient tiré face à une paroi rocheuse avec des armes dont certaines étaient réelles. Les projectiles auraient atteint les deux hommes par ricochet.
D'après Le Parisien, les marins-pompiers sont arrivés vers 21 h 20 au-dessus de la cité de la Cayolle. L'homme de 33 ans, trouvé en arrêt cardiorespiratoire, est mort sur place. Celui de 32 ans, touché par balle à la cuisse, a été hospitalisé sans que son pronostic vital soit engagé.
Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour homicide et tentative d'homicide en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée. Il a confié les investigations à la brigade criminelle et précisé que les circonstances des tirs restaient à éclaircir.
Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille et figure de la lutte contre le narcotrafic, a réagi sur X : "Ce soir, à La Cayolle, dans les quartiers sud de Marseille, un homme de 33 ans a été tué. Un autre est grièvement blessé. Une nouvelle fois, notre ville est frappée par la violence". Il a également appelé à poursuivre l'engagement pour la sécurité des habitants : "Du nord au sud de Marseille, nous devons poursuivre sans relâche notre engagement pour que chaque habitant puisse vivre en paix et en sécurité".
Un quartier déjà éprouvé par les fusillades
La Cayolle compte près de 2 400 habitants et relève depuis 2014 du dispositif des quartiers prioritaires de la ville. Durant l'été 2023, quatre fusillades y avaient fait deux morts et trois blessés. La municipalité a depuis entouré l'école d'un mur et placé des rochers dans l'allée voisine, rapporte La Provence.
Le quartier a de nouveau été touché dès le début de 2025. Selon le même journal, la première fusillade de l'année à Marseille y a blessé un jeune homme le 8 janvier. Moins d'un mois après, le premier "narchomicide" de l'année dans la ville y était recensé.
Moins de points de deal, mais un trafic toujours présent
Longtemps associée à un important trafic de stupéfiants, la cité reste considérée comme sensible malgré le recul du nombre de lieux de vente. Dans un article de janvier 2026, La Provence indiquait qu'un seul point de deal, à l'activité réduite, subsistait, alors que le quartier en avait compté jusqu'à trois, voire quatre ces dernières années. Une partie du trafic s'était déplacée vers la livraison, appelée "narcolivraison" ou "Ubershit".
Des observateurs du narcobanditisme cités à la même période par La Provence estimaient que la Cayolle était passée dans le "giron de la DZ Mafia". Ils décrivaient une série d'affrontements à l'issue desquels les équipes locales avaient été repoussées vers d'autres cités du sud de Marseille.
La préfecture de police des Bouches-du-Rhône présentait alors le quartier comme une "cible prioritaire", selon le journal. Elle faisait état, pour 2025, de 22 interpellations en lien avec le trafic, ainsi que de saisies portant sur 6 kg de cannabis et une arme de poing.
Un bilan des règlements de comptes en baisse à l'échelle de Marseille
Le 15 octobre 2026, lors de l'audience de présentation des nouveaux magistrats à Marseille, le procureur de la République Nicolas Bessone avait décrit un niveau historiquement bas des règlements de comptes liés au narcobanditisme. Il avait dénombré cinq personnes décédées depuis le début de l'année, contre 49 en 2023, 25 en 2024 et 16 en 2025.






