"Le bar du coin" : Gwen Pennarun défend la pêche artisanale et prépare la relève

Le documentaire de Jacques Bedel suit un pêcheur de bar engagé sur deux fronts : préserver la mer avec ses pairs et transmettre son métier. À l'approche de la retraite, Gwen Pennarun veut confier à une nouvelle génération un bateau, mais aussi ses connaissances et ses lieux de pêche.

Isabelle Renard

2 min de lecture

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Transmettre un bateau et apprendre la mer

Écrit et réalisé par Jacques Bedel, "Le bar du coin" dure cinq minutes. Le documentaire a connu sa première diffusion sur France 3 le 15 décembre 2025 à 23 h 20, avant de rester disponible en replay sur France TV jusqu'au 23 décembre 2025, selon Le Télégramme.

La transmission que prépare Gwen Pennarun passe par la formation de matelots. Elle prend aussi une forme concrète avec l'achat du Beluga II, destiné à permettre à deux jeunes, Quentin et Tom, de reprendre l'activité. Le pêcheur leur apporte une aide financière, s'occupe de leurs quotas, licences et démarches administratives, tout en leur enseignant le métier en mer.

Son engagement s'étend au financement de la pêche durable : il est conseiller technique auprès de Mer de Liens, une société citoyenne qui finance des bateaux pour cette activité.

Des ligneurs à quai pendant la reproduction du bar

Gwenaël, dit Gwen, Pennarun préside les Ligneurs de la pointe de Bretagne. Née en 1993 alors que les prix du poisson s'effondraient, l'association rassemble une soixantaine de pêcheurs. Tous capturent le bar à la ligne, à bord de bateaux artisanaux de moins de douze mètres.

Le film présente leur mobilisation contre les dérives de la pêche industrielle et pour la protection de la mer dont dépend leur métier. Le modèle social et économique qu'ils défendent repose sur une pêche raisonnée. Selon Reporterre, ils restent ainsi volontairement à terre chaque année du 15 février au 15 mars, pendant la reproduction du bar, sans recevoir d'indemnisation.

Reporterre indique que leurs bars de ligne peuvent atteindre 40 euros le kilo à la vente, un prix supérieur à deux fois celui du bar pêché au chalut. Pour Gwen Pennarun, cette espèce représente 90 % du chiffre d'affaires. Il la considère comme l'un des poissons à la plus forte valeur ajoutée de la petite pêche locale, rapporte Le Télégramme.

Une représentation jusqu'à Bruxelles

Face à une pêche industrielle dont les navires opèrent au-delà des frontières, Gwen Pennarun a rejoint des collègues européens pour porter les intérêts des artisans pêcheurs à Bruxelles et y combattre le lobbying industriel.

Cet engagement se poursuit au sein de Low Impact Fishers of Europe (LIFE), qui représente environ 10 000 artisans pêcheurs de 18 États. D'après Le Télégramme, il en a été élu président fin 2025, après plusieurs mois à assurer l'intérim. Il était membre de l'association depuis sa création en 2012.

Le poids de cette pêche reste toutefois limité dans les volumes débarqués : selon Reporterre, la petite pêche représente seulement 10 à 15 % des tonnages français.

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