Une acquisition de 2,2 milliards d'euros
Annoncé en juillet 2025 pour environ 2,2 milliards d'euros, le projet porte sur l'un des principaux distributeurs européens de produits électroniques. Ceconomy, installé à Düsseldorf et spécialisé dans l'électronique grand public et l'électroménager, exploite MediaMarkt, MediaWorld et Saturn. Ces enseignes vendent en magasin et en ligne dans plusieurs États membres de l'Union européenne.
Selon Belga, JD.com occupe la troisième place du commerce en ligne chinois, derrière Alibaba et Temu. Son expansion internationale, notamment en Europe, vise à compenser le ralentissement de la consommation en Chine et l'intense concurrence sur les prix. Fondé à Pékin en 1998, le groupe a lancé sa plateforme JoyBuy en France en mars 2026.
La société holding JD.com, Inc., basée aux îles Caïmans, est cotée au Nasdaq et à la Bourse de Hong Kong. Elle contrôle des activités de vente au détail et une place de marché en ligne en Chine, ainsi que des services logistiques et technologiques.
Des conditions de marché imposées pendant dix ans
L'autorisation européenne dépend du respect intégral des engagements de JD.com et de Ceconomy. Leurs transactions intragroupe devront se faire aux conditions du marché, y compris lorsque JD.com financera Ceconomy.
JD.com devra également proposer ses services d'entreposage et de logistique aux distributeurs tiers aux mêmes conditions qu'à Ceconomy. La même obligation s'appliquera à ses services technologiques destinés à des tiers. Un mandataire indépendant contrôlera l'application de ces engagements, valables dix ans, sous la supervision de la Commission.
Pour Bruxelles, ces garanties répondent aux risques relevés pendant l'enquête. La Commission a salué "l'approche constructive des parties", qui a permis d'aboutir à "des engagements qui remédient efficacement aux subventions étrangères identifiées et à leurs éventuels effets de distorsion sur le marché intérieur".
Les aides chinoises au centre de l'examen
La Commission enquêtait depuis mai sur les subventions étrangères dont JD.com pouvait avoir bénéficié. À l'issue de son enquête approfondie, elle a conclu que le groupe avait reçu de la République populaire de Chine des financements préférentiels, des avantages fiscaux et des subventions directes susceptibles de fausser le marché intérieur.
Selon son analyse, ces aides pouvaient renforcer la capacité du futur ensemble à financer ses activités dans l'UE et à pratiquer des prix agressifs au détriment des autres acteurs.
L'examen relevait du règlement européen sur les subventions étrangères, ou FSR, applicable depuis le 12 juillet 2023. Ce texte impose de notifier une concentration lorsque l'entreprise acquise ou la coentreprise est établie dans l'UE et y réalise au moins 500 millions d'euros de chiffre d'affaires, et que les parties ont reçu, au total, au moins 50 millions d'euros de contributions financières de pays tiers durant les trois années précédentes.
Une participation indirecte dans Fnac Darty
Le rachat concerne aussi l'actionnariat de Fnac Darty : Ceconomy détient 21,95 % du capital du groupe français, selon Frandroid. Une fois l'acquisition réalisée, JD.com en deviendra le deuxième actionnaire indirect, derrière le milliardaire tchèque Daniel Křetínský, détenteur de 28,5 % du capital. Cette perspective avait suscité en France des inquiétudes pour l'avenir d'un acteur majeur de la distribution de produits culturels.
Daniel Křetínský a lancé en janvier 2026 une offre publique d'achat afin de porter sa participation dans Fnac Darty au-delà de 50 %. La Commission européenne a autorisé cette offre le 20 octobre 2026. Son prix est de 35 euros par action, après versement d'un dividende de 1 euro, et sa clôture est fixée au 9 novembre 2026.
Selon Frandroid, JD.com vise pour sa part une finalisation de l'acquisition de Ceconomy d'ici au 12 novembre 2026, trois jours après la clôture de l'offre sur Fnac Darty. Le feu vert accordé par Bruxelles le 3 novembre constitue la dernière étape réglementaire.






