Une concertation s'ouvre avec les syndicats
La direction a fait part de son intention de procéder à un licenciement collectif lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire. Mediahuis Belgique, qui compte 853 emplois dans le pays, indique vouloir réduire au minimum les licenciements contraints.
Cette démarche ouvre la concertation syndicale. Les services concernés doivent encore être précisés : selon De Morgen, une tournée d'information commencera la semaine du 9 novembre 2026 pour apporter des éclaircissements sur ce point.
Koen Verwee, directeur général de Mediahuis Belgique, reconnaît l'incertitude que cette annonce crée pour les salariés et s'engage à conduire la procédure avec soin. Il estime toutefois que la direction doit aussi préserver la solidité de l'entreprise et son équilibre financier à long terme.
La distribution et les salaires pèsent sur les charges
Pour justifier des mesures structurelles, la direction invoque l'augmentation des coûts et la nécessité de conserver une capacité d'investissement. En trois ans, les dépenses de distribution ont progressé d'environ 25 millions d'euros, alors même que les volumes imprimés diminuaient. Les coûts salariaux ont, eux, augmenté d'environ 30 % en cinq ans. L'entreprise souligne également la pression exercée sur ses recettes publicitaires par la concurrence croissante des plateformes internationales.
De Morgen relie en partie le surcoût de la distribution à la suppression, fin 2023, de la subvention fédérale accordée à Bpost pour acheminer les journaux. Les éditeurs ont alors dû se tourner vers des solutions à la fois plus chères et moins satisfaisantes sur le plan du service.
Mediahuis présente le plan comme un moyen de dégager les ressources nécessaires au journalisme indépendant, à ses marques d'information et au développement numérique. Koen Verwee réaffirme son attachement à un journalisme indépendant et distinctif. Face à la désinformation, à la polarisation et à la profusion d'informations, il juge la fiabilité journalistique plus nécessaire que jamais. Il entend préserver ce rôle tout en poursuivant les investissements dans la qualité éditoriale, les produits numériques et les relations avec les lecteurs et les abonnés.
Plusieurs restructurations ont déjà eu lieu
VRT NWS rappelle que Mediahuis a supprimé 82 emplois en 2019, puis 20 en 2024. En 2025, des postes ont aussi disparu au sein des rédactions de Gazet van Antwerpen et de Het Nieuwsblad.
Un autre effort avait été demandé au personnel à la fin de 2025, rapporte De Morgen. À la suite d'un plan d'économies et d'une concertation entre la direction et les partenaires sociaux, les salariés avaient accepté de réduire leur salaire brut de 2,78 % en contrepartie de six jours de congé.
Des résultats consolidés, mais pas de chiffres pour la Belgique
À l'échelle du groupe Mediahuis, présent notamment aux Pays-Bas et en Irlande, le chiffre d'affaires consolidé a atteint 1,25 milliard d'euros en 2025, soit une progression de 2 % par rapport à 2024. Le bénéfice opérationnel s'est maintenu à 151,8 millions d'euros. De Morgen précise toutefois qu'aucun résultat distinct n'est publié pour Mediahuis Belgique, l'entité visée par le plan.
Le quotidien fait également état d'évolutions contrastées dans les derniers chiffres d'audience : la portée de Gazet van Antwerpen a diminué de 11,4 %, celle de Het Nieuwsblad de 6,7 % et celle de De Standaard de 5,5 %. À l'inverse, Het Belang van Limburg a enregistré une hausse de 3,4 % de son lectorat.




