Xi Jinping mobilise les autorités chinoises après les inondations catastrophiques au Tibet

Le président chinois a présidé vendredi une réunion de crise des hauts dirigeants du Parti communiste pour coordonner les opérations de secours au Tibet, frappé par une coulée de boue dévastatrice causée par l'effondrement d'un glacier himalayen.

Isabelle Renard

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Xi Jinping mobilise les autorités chinoises après les inondations catastrophiques au Tibet

Le président chinois Xi Jinping a réuni vendredi les plus hauts responsables du Parti communiste chinois (PCC) pour superviser les opérations de sauvetage au Tibet, dans le sud-ouest du pays, après une catastrophe naturelle d'une ampleur exceptionnelle qui a frappé la région et le Népal voisin.

Lors de cette réunion de crise, les dirigeants du PCC ont insisté sur la nécessité de « mobiliser tous les moyens disponibles pour retrouver et sauver les personnes disparues, qu'elles soient chinoises ou étrangères », selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle. Cette déclaration revêt une importance particulière au regard du nombre élevé de ressortissants étrangers portés disparus dans la catastrophe.

Un glacier s'effondre dans l'Himalaya

La catastrophe trouve son origine dans l'effondrement d'une section du glacier du Langtang Lirung, dans l'Himalaya, survenu le 26 août vers 8h40, heure locale. Cet événement géologique a provoqué une secousse de magnitude 5,2 détectée par les sismomètres du monde entier. L'analyse des ondes sismiques longue période effectuée par l'Institut d'études géologiques des États-Unis a confirmé que le tremblement résultait de l'effondrement glaciaire lui-même et non d'un séisme.

La masse de glace et de roche en chute libre a temporairement bloqué la rivière Lhende Khola, créant un lac d'accumulation. Lorsque ce barrage naturel a cédé, la glace et les rochers ont incorporé sédiments et eau en dévalant la vallée, se transformant en un flux de débris massif qui a déferlé sur les zones habitées.

Bilan humain considérable

Au 29 août, le bilan combiné faisait état d'au moins 750 morts et plus de 3 000 personnes portées disparues entre le Népal et le Tibet. Dans le comté de Gyirong, au Tibet, au moins 546 personnes sont portées disparues, tandis que le Népal déplore plus de 2 400 disparus.

Parmi les disparus figurent un nombre important de ressortissants étrangers : au moins 260 dans le comté de Gyirong au Tibet et 589 au Népal. Les nationalités représentées incluent notamment 288 Indiens, 90 Américains, 53 Ukrainiens, 51 Malaisiens, 35 Australiens et 33 Britanniques. Cette dimension internationale explique l'insistance des autorités chinoises sur le sauvetage des étrangers.

Près de 900 ouvriers népalais travaillant sur des projets hydroélectriques le long de la rivière sont également portés disparus, selon l'Association des producteurs d'énergie indépendants du Népal.

Destruction éclair et infrastructure dévastée

Les eaux de crue ont détruit le poste-frontière de Gyirong entre la Chine et le Népal et ont frappé des dizaines d'établissements humains sur une étendue de 72 kilomètres le long de la rivière Trishuli. Selon les autorités népalaises, le niveau de la rivière a augmenté de 9 mètres en seulement 30 minutes, ne laissant pratiquement aucun temps aux populations pour évacuer.

Les infrastructures hydroélectriques le long du cours d'eau ont subi des dommages considérables, affectant l'approvisionnement en électricité du réseau national népalais. La violence des flots a été telle que les eaux de crue ont transporté les corps de certaines victimes jusqu'à 240 kilomètres en aval, jusque dans l'Inde voisine.

Contexte climatique inquiétant

Cette catastrophe s'inscrit dans un contexte de transformation rapide de l'environnement himalayen. Selon un rapport des Nations Unies publié en 2023, les glaciers du Népal ont perdu près d'un tiers de leur volume de glace en trois décennies environ en raison du réchauffement climatique, la région connaissant un recul glaciaire accéléré et une expansion des lacs glaciaires.

Face à l'ampleur de la catastrophe, la communauté internationale a commencé à réagir. Le département d'État américain a annoncé une aide humanitaire de 3,6 millions de dollars au Népal, comprenant une assistance alimentaire d'urgence pouvant aller jusqu'à trois mois pour 10 000 foyers touchés par les inondations.

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